La Bourse de Paris chancelante (-1,95%) face à la pression commerciale

La Bourse de Paris chancelante (-1,95%) face à la pression commerciale
Salle de contrôle d'Euronext, l'opérateur de la Bourse de Paris, à La Défense, le 27 avril 2018

AFP, publié le lundi 06 mai 2019 à 13h53

La Bourse de Paris réagissait vivement lundi à la menace de Donald Trump de relever les droits de douanes sur 200 milliards de dollars de produits chinois, qui a jeté un coup de froid sur tous les marchés.

A 13H30 (11H0 GMT), l'indice CAC 40 s'enfonçait de 108,20 points à 5.440, 64 points, dans un volume d'échanges de 1,35 milliard d'euros. Vendredi, la cote parisienne a terminé en légère hausse de 0,18% à 5.548,84 points.

La cote parisienne a ouvert nettement dans le rouge, réagissant vivement à l'annonce du président américain au point de s'enfoncer davantage pour évoluer sous la barre des 5.450 points.

Wall Street se dirigeait pour sa part vers une ouverture en territoire négatif. Le contrat à terme sur l'indice vedette Dow Jones Industrial Average se repliait fortement de 1,86% à l'instar de l'indice élargi SP 500 (-1,67%) et du Nasdaq, à dominante technologique (-2,13%).

"En un tweet et une annonce, Donald Trump a remis les négociations commerciales au coeur des préoccupations des investisseurs", observe Christian Parisot, stratégiste du courtier Aurel BGC.

Le président américain a déterré la hache de la guerre commerciale dimanche en annonçant inopinément une hausse de 10% à 25% des droits de douane imposés sur 200 milliards de dollars de biens chinois exportés chaque année aux Etats-Unis. Ces nouvelles sanctions commerciales américaines sont censées entrer en vigueur dès vendredi au motif que les négociations avancent "trop lentement" aux yeux de Donald Trump.

Celui-ci a été encore plus loin en menaçant aussi de taxer au même taux la totalité des produits importés de Chine s'il n'obtient pas ce qu'il veut dans les tractations commerciales.

Malgré ce coup de pression, Pékin a assuré que les négociateurs chinois se préparaient toujours à se rendre aux États-Unis pour poursuivre les discussions.

Les prochaines négociations sont prévues en principe mercredi, après une dixième session de pourparlers qui s'est déroulée à Pékin la semaine dernière.

"La guerre commerciale fait oublier les résultats d'entreprises", qui ont apporté de bonnes surprises, souligne M. Parisot.

En termes de publications, la semaine sera plus calme de part et d'autre de l'Atlantique.

Autre cas difficile entre les deux plus grandes puissances mondiales dans un tout autre domaine: le gouvernement chinois a dénoncé lundi la présence de navires de guerre américains au large d'îles contrôlées par Pékin en mer de Chine méridionale. 

La marine chinoise leur a demandé de quitter ces eaux, où l'US Navy conduit régulièrement des opérations, selon le ministère chinois des Affaires étrangères.

- Le CAC 40 couleur carmin -

A l'exception d'EssilorLuxottica à l'équilibre, l'ensemble du CAC 40 évoluait en net recul, les valeurs sensibles à la Chine, comme le luxe ou l'automobile, rétrogradant nettement.

Il y avait de la casse chez les équipementiers automobiles : Valeo plongeait de 5,05% à 30,63 euros à l'instar de Faurecia (-5,65 % à 42,74 euros) et de Plastic Omnium (-5,26% à 25,23 euros). Les constructeurs Peugeot (-3,40% à 21,87 euros) et Renault (-3,57% à 58,12 euros) accusaient le coup.

Les géants du luxe Kering (-3,02% à 510,10 euros), LVMH (-3,44% à 342,85 euros) et Hermes (-1,54% à 611,80 euros) étaient également à la peine.

ArcelorMittal fondait de 4% à 18,06 euros. Le groupe a annoncé lundi une réduction temporaire de sa production d'acier brut en Europe, en raison notamment d'une demande en baisse conjuguée à des importations en progression et à des prix de l'énergie élevés.

Total cédait 2,56% à 47,91 euros au lendemain de la signature d'un accord avec Occidental Petroleum en vue de racheter les actifs de la société américaine Anadarko en Algérie, au Ghana, au Mozambique et en Afrique du Sud, pour un montant de 8,8 milliards de dollars (7,8 milliards d'euros). 

Carrefour reculait de 1,17% à 16,97 euros après avoir précisé vendredi son nouveau plan de restructuration, prévoyant jusqu'à 3.000 départs dans ses hypermarchés français dans le cadre d'un projet de rupture conventionnelle collective.

Euronext CAC40

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