La Bourse de Paris confiante après une bonne surprise de Chine

La Bourse de Paris confiante après une bonne surprise de Chine
La salle de contrôle d'Euronext, société qui gère la Bourse de Paris

AFP, publié le jeudi 07 mai 2020 à 13h21

La Bourse de Paris avançait jeudi à la mi-journée, le rebond inattendu des exportations chinoises poussant les investisseurs à l'optimisme même s'ils gardent à l'esprit les tensions commerciales sino-américaines.

A 12H57, l'indice CAC 40 gagnait 0,72% (+31,74 points) à 4.465,12 points. La veille, il avait fini en baisse (-1,11%).

La cote parisienne a continué à grappiller du terrain après une ouverture dans le vert. 

De son coté, Wall Street s'apprêtait à débuter en hausse. Le contrat à terme sur l'indice vedette Dow Jones Industrial Average prenait 1,17%, celui de l'indice élargi S&P 500 1,32% et celui du Nasdaq, à forte coloration technologique, 1,42%.

Les exportations de la Chine ont connu en avril un rebond sur un an (+3,5%), en dépit de la pandémie qui paralyse l'économie mondiale. 

"Il est possible que ces chiffres aient été soutenus par une énorme demande d'équipements de protection et de produits médicaux, et si c'est le cas, alors la situation n'est pas si rose qu'elle ne le laisse suggérer", tempère David Madden, analyste pour CMC Markets.

Par ailleurs, les marchés sont exposés au risque d'un accroissement des tensions commerciales entre la Chine et les Etats-Unis.

"Avec Donald Trump qui rallume la guerre commerciale avec la Chine, un petit parfum du passé nous revient", déclare Frédéric Rollin, conseiller en stratégie d'investissement chez Pictet Asset Management.

"La rhétorique guerrière vis-à-vis de la Chine, importante pour l'élection présidentielle américaine, est en train de reprendre", a-t-il ajouté au cours d'un point marchés en ligne.

Washington continue d'envisager que le Covid-19 s'est propagé depuis un laboratoire de Wuhan, dans le centre de la Chine, ce que Pékin dément tout en rejetant la proposition d'une enquête internationale. Donald Trump menace de son côté de nouveaux droits de douane.

Alors que nombre de pays occidentaux entreprennent de rouvrir certains pans de leurs économies, un ressac de la pandémie qui nécessiterait de nouveaux confinements, est par ailleurs à redouter.

Les marchés devraient plus particulièrement "continuer de s'interroger sur la stratégie de déconfinement américaine, plus précoce dans le cycle de l'épidémie au regard des stratégies exécutées en Europe", écrit Tangi Le Liboux, analyste chez Aurel BGC.

Face à un chapelet de statistiques économiques agonisantes, les investisseurs tablent sur les soutiens massifs des banques centrales.

Néanmoins, "il est possible que la crise laisse plus de traces que les marchés ne le croient aujourd'hui", indique M. Rollin, soulignant que le Royaume-Uni s'apprête à connaître "la plus grande récession depuis le début du 18e siècle".

La Banque d'Angleterre (BoE) prévoit en effet une chute historique de 14% du produit intérieur brut au Royaume-Uni cette année. Elle a maintenu parallèlement son taux directeur à 0,1%, à un record de faiblesse.

En zone euro, la débâcle se poursuit: la production industrielle a fortement reculé en mars sur un mois en Allemagne (-9,2%), un sombre record depuis 1991, et davantage encore en France (-16,2%).

Les demandes hebdomadaires d'allocations chômage aux Etats-Unis seront suivies dans l'après-midi.

- ArcelorMittal à l'honneur-

Dans le trio de tête du CAC 40, Carrefour gagnait 3,72% à 13,40 euros, suivi de Kering (+3,09% à 446,90 euros) et de ArcelorMittal (+2,58% à 9,81 euros). Le géant de l'acier a amélioré sa performance opérationnelle mais enregistré une perte nette de 1,1 milliard de dollars au premier trimestre, pénalisé par le ralentissement de la demande.

Legrand cédait 2,46% à 56,26 euros après avoir vu son bénéfice net reculer de 12,2% au premier trimestre avec la crise sanitaire, et prévu "un retrait marqué" de son activité au deuxième trimestre.

Air France-KLM chutait de 3,19% à 4,07 euros après une perte nette de 1,8 milliard d'euros au premier trimestre et de sombres prévisions d'ici l'été.

Trigano perdait 2,79% à 66,25 euros après un bénéfice net en recul de 8,7% à 65,7 millions d'euros au premier semestre de son exercice décalé 2019/2020.

Nexans grimpait de 5,90% à 34,46 euros après avoir "accéléré (ses) efforts de réduction des coûts" et "renforcé (son) programme de transformation".

Euronext CAC40

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