La Bourse de Paris déprimée par l'emploi américain (-1,57%)

La Bourse de Paris déprimée par l'emploi américain (-1,57%)
La Bourse de Paris termine en baisse

AFP, publié le vendredi 03 avril 2020 à 18h33

La Bourse de Paris a terminé la semaine en recul (-1,57%) vendredi, la hausse des prix du pétrole n'ayant pas réussi à relancer l'optimisme des investisseurs, déprimés par la montée du chômage en mars aux Etats-Unis.

L'indice CAC 40 a perdu 66,38 points à 4.154,58 points, dans un volume d'échanges nourri de 3,3 milliards d'euros. La veille, il avait fini en hausse de 0,33%.

Sur la semaine, il a cédé 4,52%, ce qui porte ses pertes depuis le 1er janvier à 30,50%.

"Le marché de l'emploi aux Etats-Unis est beaucoup plus flexible qu'en Europe et par conséquent l'impact" de l'épidémie de coronavirus "sur les destructions d'emplois est extrêmement rapide", a souligné auprès de l'AFP Didier Saint-Georges, membre du comité d'investissement chez Carmignac.

L'économie américaine a souffert en mars des premiers effets de la crise du coronavirus, avec un taux de chômage monté à 4,4% et 701.000 emplois détruits, selon les données du département du Travail, qui souligne toutefois qu'il "ne peut pas précisément quantifier les effets de la pandémie sur le marché du travail en mars".

"C'est quelque chose qui est spectaculaire, c'est pour cela que les marchés baissent", a poursuivi M. Saint-Georges, même si ces statistiques ne constituent pas selon lui une "énorme surprise".

La hausse des prix du pétrole, après un bond historique la veille, n'a pas suffi à inverser la tendance sur le marché parisien.  

Les deux cours de référence du brut, le Brent européen et le WTI américain, ont fortement progressé à la suite de l'information sur la tenue de la réunion de l'Opep.

La veille, les deux barils avaient même enregistré la plus forte hausse en pourcentage sur une séance de leur histoire, après des tweets de Donald Trump promettant une réduction de la production russe et saoudienne.

Le marché de l'or noir subit toujours la pression d'une demande atone du fait des restrictions imposées aux transports de personnes et de marchandises à travers le monde pour lutter contre la propagation de la pandémie de Covid-19. Et dans le même temps, l'offre reste surabondante sur fond de guerre des prix entre Ryad et Moscou.

"Sauf à croire à un redémarrage fort de la demande des transports et de l'activité industrielle à partir de l'été", le déséquilibre entre l'offre et la demande "va rester important", a assuré Didier Saint-Georges.

- Le secteur banque et assurance délaissé -

Parmi les autres indicateurs, l'activité du secteur privé dans la zone euro a chuté en mars à son plus bas niveau historique, selon une deuxième estimation de l'indice PMI composite. 

Le marché automobile allemand a lui connu en mars sa pire chute en près de 30 ans en raison de la crise du coronavirus, avec une baisse de 37,7% des immatriculations de voitures neuves.

Sur le front des valeurs, la banque et l'assurance ont souffert, à l'instar de Natixis qui a décroché de 18,72% à 1,85 euros, CNP Assurances (-9,53% à 8,07 euros), Société Générale (-8,15% à 12,80 euros) ou encore BNP Paribas (-5,03% à  24,74 euros).

Cette dernière a annoncé jeudi soir suspendre à son tour le versement d'un dividende à ses actionnaires pour 2019, se conformant aux recommandations des superviseurs bancaires européens dans un contexte de lutte contre l'épidémie.

Total a également été à la traîne, avec une chute de 7,58% à 33,53 euros. 

Rémy Cointreau a reculé de 2,42% à 98,65 euros, lesté par des ventes qui ont chuté de plus d'un quart au premier trimestre à cause de l'épidémie de Covid-19 et une mise en garde sur un deuxième trimestre encore plus dégradé.

Accor a lui perdu 3,43% à 22,21 euros. Le groupe hôtelier français est contraint par la pandémie de fermer "les deux tiers" de ses hôtels dans le monde dans les prochaines semaines et renonce à distribuer comme prévu 280 millions d'euros sous forme de dividende.

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