La Bourse de Paris en recul pour la cinquième séance consécutive

La Bourse de Paris en recul pour la cinquième séance consécutive
La Bourse de Paris rebondissait légèrement jeudi matin (+0,43%), profitant d'une accalmie dans le conflit commercial opposant les Etats-Unis à ses partenaires

AFP, publié le jeudi 21 juin 2018 à 18h12

La Bourse de Paris a fini dans le rouge jeudi (-1,05%) pour la cinquième séance de suite, toujours lestée par les craintes d'une guerre commerciale entre les deux plus grosses économies mondiales. 

L'indice CAC 40 a cédé 56,30 points à 5.316,01 points, dans un volume d'échanges élevé de 4 milliards d'euros. Mercredi, il avait fini en baisse de 0,34%.

Après avoir ouvert en légère progression, la cote parisienne a ensuite changé de tendance dans un mouvement d'aversion pour le risque, encore accentué par le recul de Wall Street.

Comme depuis le début de la semaine, les opérateurs sont rendus frileux par l'escalade des tensions entre la Chine et les Etats-Unis.

Après avoir annoncé vendredi des taxes sur 50 milliards de dollars d'importations chinoises pour compenser des pratiques commerciales jugées déloyales, le président Trump a menacé lundi d'en ajouter de nouvelles en cas de rétorsion de Pékin.

Citant les risques d'une guerre commerciale, le numéro un mondial de la voiture haut de gamme Daimler a revu à la baisse mercredi ses prévisions de résultats pour 2018.

Cette annonce a "ravivé les craintes de ralentissement économique et de baisse des résultats des sociétés", explique à l'AFP Daniel Larrouturou, directeur général délégué de Diamant Bleu Gestion.

"Nous restons dans une spirale baissière entretenue par les craintes commerciales, qui sont à la fois des craintes microéconomiques (concernant) les résultats des sociétés et des craintes macroéconomiques (concernant) la croissance mondiale, qui pourrait ralentir si le commerce mondial venait à caler", ajoute M. Larrouturou.

- L'Italie en arrière-plan -

Deuxième élément perturbateur, selon le spécialiste: les déclarations anti-européennes de Matteo Salvini, le ministre de l'Intérieur italien, qui a indiqué dans un entretien jeudi que son pays pourrait réduire sa contribution au budget de l'Union européenne en l'absence d'aide sur l'immigration.

En outre, la nomination de deux membres du parti de la Ligue, très eurosceptiques, à la tête de commissions parlementaires italiennes a encore ajouté à l'aversion pour le risque.

Dans le sillage de ces annonces, les taux d'emprunt italiens ont connu une forte tension, propagée aux banques italiennes avant de s'étendre au secteur bancaire européen.

Du côté des indicateurs, l'agenda était clairsemé. En France, le climat des affaires est resté stable en juin, demeurant à un niveau "relativement élevé", après avoir fléchi le mois précédent.

Aux Etats-Unis, la croissance de l'activité manufacturière de la région de Philadelphie a fortement ralenti en juin, contredisant les analystes qui anticipaient une progression, selon l'indice de l'antenne locale de la Réserve fédérale (Fed).

En matière de valeurs, le secteur automobile a fini mal orienté. Peugeot a perdu 2,81% à 20,37 euros, Renault 0,84% à 76,62 euros, Valeo 2,27% à 50,80 euros et Faurecia 3,07% à 66,84 euros.

Le secteur bancaire a aussi terminé en recul, à l'image de BNP Paribas (-0,93% à 53,20 euros), Société Générale (-1,07% à 35,94 euros) ou Crédit Agricole (-0,51% à 11,64 euros).

Euronext a été pénalisé (-2,48% à 55,10 euros) par un abaissement de sa recommandation par Barclays.

Les valeurs liées au pétrole ont aussi cédé du terrain, comme TechnipFMC (-1,60% à 26,52 euros), Total (-0,88% à 50,80 euros) et CGG (-2,72% à 2,08 euros).

Veolia a reculé de 3,59% à 18,69 euros, après avoir vu sa recommandation dégradée à "conserver" par Jefferies.

A l'inverse, Nexity a été dopé (+3,04% à 55,90 euros) par un relèvement de sa recommandation à "acheter" par Oddo BHF.

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