La Bourse de Paris finit en net repli, lestée par la crise turque

La Bourse de Paris finit en net repli, lestée par la crise turque
La Bourse de Paris termine en nette baisse, affectée par le décrochage de la livre turque

AFP, publié le vendredi 10 août 2018 à 18h16

La Bourse de Paris a fini en net recul vendredi (-1,59%), pénalisée par la crise de la devise turque qui a lourdement pesé sur le secteur bancaire.

L'indice CAC 40 a cédé 87,57 points à 5.414,68 points dans un volume d'échanges élevé de 4,4 milliards d'euros. La veille, il avait fini quasiment stable (+0,01%).

Après avoir ouvert en baisse, la cote parisienne a creusé ses pertes, cédant jusqu'à plus de 2% en cours de séance.

Sur la semaine écoulée, l'indice vedette de la place parisienne a reculé de 1,17%. Ses gains depuis le début de l'année sont de 1,92%. 

La crise diplomatique opposant Washington à Ankara s'est accentuée vendredi, avec l'annonce par le président américain Donald Trump d'une forte augmentation des taxes à l'importation sur l'acier et l'aluminium turcs.

En réaction, la devise turque a perdu plus de 20% de sa valeur face au dollar durant la journée.

Or, la Banque centrale européenne a, selon le quotidien Financial Times, exprimé des inquiétudes sur une éventuelle exposition de certaines banques européennes à la crise monétaire du pays, citant notamment BNP Paribas.

Pour Frédéric Rozier, gestionnaire de portefeuille chez Mirabaud France, "il y a une vraie pression suite à l'article du Financial Times".

Toutefois, "l'exposition de BNP Paribas à la Turquie est marginale. Nous sommes déjà dans des sanctions boursières qui vont bien au-delà de l'impact réel que pourrait avoir le problème turc sur BNP", nuance l'analyste.

En outre, estime-t-il, "le risque systémique est plus présent sur l'Italie que sur la Turquie, ce n'est pas du tout le même contexte. Il n'y a pas de raisons de craindre un effet +contagion+ de la Turquie" en Europe, même si cela a "un impact ponctuel sur des banques".

- Chute des bancaires -

"Il faut remettre cela dans le contexte du mois d'août: le marché regarde tous les prétextes pour s'agiter. Les nouvelles sont accentuées au-delà du raisonnable", conclut M. Rozier.

Du côté des indicateurs, l'agenda était plus fourni que les jours précédents.

Aux Etats-Unis, les prix ont légèrement augmenté en juillet, maintenant l'inflation sur un an à 2,9%, au plus haut depuis 2012, selon l'indice des prix à la consommation (CPI).

En France, la production industrielle s'est redressée de 0,6% en juin après avoir reculé de 0,2% le mois précédent.

La croissance économique du Royaume-Uni a accéléré à 0,4% au deuxième trimestre, après un mauvais début d'année.

En matière de valeurs, le secteur bancaire a fini en net repli. BNP Paribas a cédé 2,99% à 52,56 euros, Société Générale a reculé de 2,50% à 36,23 euros et Crédit Agricole de 2,05% à 12,18 euros.

Les valeurs minières ont également terminé dans le rouge, à l'instar d'ArcelorMittal (-2,86% à 26,68 euros) et d'Eramet (-4,23% à 82,70 euros).

Le secteur technologique a quant à lui été affecté par les perspectives prudentes évoquées par plusieurs géants non européens du secteur ainsi que par une note d'analyste évoquant un ralentissement dans le secteur. STMicroelectronics a lâché 4,91% à 18,03 euros, Soitec 5,30% à 66,95 euros et Atos 2,60% à 97,50 euros.

Sanofi a pris la tête du CAC (+0,75% à 73,71 euros), dopé par un relèvement de sa recommandation par Citi.

A l'inverse, Gecina a été pénalisé (-2,13% à 146,70 euros) par un abaissement de sa recommandation par ING Bank.

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