La Bourse de Paris fragilisée par les tensions sino-américaines

La Bourse de Paris fragilisée par les tensions sino-américaines
La salle de contrôle d'Euronext, société qui gère la Bourse de Paris

AFP, publié le vendredi 24 juillet 2020 à 18h24

La Bourse de Paris a terminé en nette baisse vendredi (-1,54%), le risque d'une escalade des tensions entre la Chine et les États-Unis se superposant à des actualités sanitaires et économiques moroses. 

L'indice CAC 40 a perdu 77,3 points à 4.956,43 points. La veille, il avait fini peu en dessous de l'équilibre (-0,07%). Sur la semaine, il recule de 2.23% et de 17,09% sur l'année.

"Les tensions sur la Chine continuent de jeter un froid dans un contexte économique assez lourd", d'autant plus sur "un marché fragile et qui a pas mal patiné cette semaine", où il n'a pas su franchir durablement les 5.100 points, a relevé auprès de l'AFP Andrea Tuéni, analyste à Saxo Banque.

La Chine a ordonné vendredi la fermeture d'un consulat américain, répliquant aux États-Unis trois jours après la décision de Washington de fermer le consulat de Chine à Houston, les deux puissances échangeant des accusations d'espionnage au parfum de guerre froide.

"Les choses pourraient tourner au vinaigre durant le week-end, donc les investisseurs n'ont d'autre choix que de réduire le risque", estime aussi Stephen Innes, stratégiste à AxiCorp.

Le reste de l'actualité n'a guère permis de contrebalancer cette tendance: la pandémie de Covid-19 est toujours mal contrôlée aux États-Unis, tandis que l'OMS s'est dite "inquiète" vendredi de la résurgence de l'épidémie de Covid-19 dans plusieurs pays d'Europe. 

La forte progression de l'activité enregistrée dans la zone euro, au Royaume-Uni et en France selon les indices PMI, encore loin de leur niveau d'avant-crise, n'a pas suffi non plus à éclipser les mauvaises nouvelles de l'économie américaine. 

Jeudi, les nouvelles inscriptions au chômage aux États-Unis sont reparties à la hausse. "Les marchés ont toujours l'espoir d'un scénario de reprise en V", avec un retour rapide à la situation d'avant-crise "mais on peut craindre que les chiffres ne montrent pas l'embellie ou le redressement attendu", estime M. Tuéni. 

Au contraire, ces publications "peuvent annoncer un deuxième semestre plus compliqué que ce que certains anticipent sur les marchés."

Sur le plan des valeurs, Publicis a continué sur sa lancée après la publication de ses résultats de jeudi, prenant 2,77% à 29,65 euros. 

Total (+0,37% à 32,65 euros) a aussi profité de la remontée des cours du pétrole cette semaine. 

Dassault Aviation a souffert (-5,23% à 145,80 euros) après avoir annoncé une chute de 87% de son bénéfice net.

Thales a terminé en queue de peloton (-6,26% à 66,80 euros) après avoir communiqué des prévisions révisées pour l'exercice 2020 et une chute de 88% de son bénéfice net au premier semestre.

Airbus a reculé de 2,07% à 63,93 euros. 

Les valeurs technologiques ont aussi été à la peine, dans le sillage de la baisse des géants du secteur américains: Wordline a cédé 4,97% à 73,74 euros et Ingénico, que Wordline projette de racheter, 4,45% à 138,50 euros. STMicroelectronics a perdu 2,71% à 25,89 euros, et Capgemini 2,35% à 104 euros. 

Euronext CAC40

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