La Bourse de Paris inquiète de la décision américaine sur TikTok et WeChat (-0,38%)

La Bourse de Paris inquiète de la décision américaine sur TikTok et WeChat (-0,38%)
La salle de contrôle d'Euronext, société qui gère la Bourse de Paris

AFP, publié le vendredi 07 août 2020 à 13h11

La Bourse de Paris s'installait dans le rouge vendredi à la mi-séance (-0,38%), inquiète d'un nouvel accès de tension entre Pékin et Washington après l'annonce de mesures radicales contre deux groupes chinois, dans l'attente d'un rapport sur l'emploi américain.

L'indice CAC 40 perdait 18,35 points à 4.866,78 points vers 12H45. 

La Bourse de New York se préparait de son côté à une ouverture en baisse, le contrat à terme sur l'indice vedette Dow Jones Industrial Average indiquant -0,52%, le Nasdaq -0,53% et le S&P 500 -0,52%.

L'application chinoise de partage de vidéos TikTok a menacé vendredi d'engager des poursuites judiciaires contre les Etats-Unis après la signature la veille par Donald Trump d'un décret interdisant d'ici 45 jours toute transaction "des personnes sous juridiction américaine" avec sa maison-mère, ByteDance.

Une mesure du même ordre a été prise contre la plateforme WeChat, qui appartient au géant technologique chinois Tencent. Son action a perdu plus de 5% en Bourse et a fait glisser l'indice de Hong Kong.

"L'inquiétude est liée au fait qu'il s'agit peut être d'un avant-goût de ce qui nous attend dans les prochains mois", décrypte Milan Cutkovic, analyste pour AxiCorp.

"Trump devrait accentuer la pression sur Pékin à l'approche de l'élection présidentielle" américaine de novembre, ajoute-t-il.

- Relance -

Ce développement inattendu survient au moment où le Congrès américain peine à accoucher d'un consensus sur un nouveau plan de relance de l'économie, démocrates et républicains s'écharpant à trois mois de l'élection présidentielle.

Le président américain a affirmé jeudi qu'il pourrait agir par décret vendredi après-midi ou samedi matin.

Bien loin des préoccupations politiques américaines, le virus continue sa progression.

"Nous sommes encore loin d'un vaccin efficace et il faut se préparer tôt ou tard à ce que les gouvernements reprennent des mesures fortement restrictives", anticipe Milan Cutkovic, estimant que l'avancée du Covid-19, notamment en Europe, est toujours source de pression sur les indices boursiers.

Alors que le masque est devenu obligatoire même à l'extérieur dans les zones les plus fréquentées de villes comme Toulouse ou Saint-Tropez en France, le virus a fait plus de 712.000 victimes et 19 millions de cas déclarés dans le monde.

Dans ce marasme, quelques nouvelles sur le front économique permettent d'espérer une reprise sur un bon rythme, veulent croire certains, après la publication vendredi d'une salve d'indicateurs macroéconomiques.

La production industrielle en Allemagne et en France a rebondi en juin et les exportations ont nettement augmenté en Chine et en Allemagne. Dans l'hexagone le déficit commercial s'est toutefois fortement creusé au deuxième trimestre.

Statistique traditionnellement très attendue par les marchés et encore davantage en période de pandémie, les chiffres mensuels de l'emploi et du taux de chômage aux Etats-Unis seront publiés plus tard en séance.

"Un chiffre moins élevé qu'attendu pourrait augmenter les chances d'avoir un nouveau stimulus budgétaire, et un chiffre plus élevé qu'attendu pourrait faire penser que la reprise économique est solide", remarque Ipek Ozkardeskaya, analyste senior pour Swissquote Bank.

Parmi les valeurs du jour, Airbus perdait 0,57% à 67,94 euros. L'avionneur européen, frappé par la crise du coronavirus, a enregistré 67 annulations de commandes depuis le début de l'année, pour 302 commandes nettes au 31 juillet, a-t-il annoncé jeudi.

Le producteur d'hydrocarbures Maurel & Prom (-2,27% à 1,72 euros) a annoncé vendredi être tombé dans le rouge avec une lourde perte au premier semestre en raison de la chute des cours du brut, qui l'a aussi contraint à passer d'importantes dépréciations.

L'opérateur luxembourgeois de satellites SES baissait de 0,87% à 6,18 euros. Le groupe a revu ses objectifs en légère baisse pour l'année en cours, afin de tenir compte des conséquences de la pandémie de coronavirus en cours, après un premier semestre qui a vu son bénéfice net se réduire de moitié.

Euronext CAC40

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