La Bourse de Paris lestée par les tensions commerciales et les craintes sanitaires

La Bourse de Paris lestée par les tensions commerciales et les craintes sanitaires
La salle de contrôle d'Euronext, société qui gère la Bourse de Paris

AFP, publié le mercredi 24 juin 2020 à 18h33

La Bourse de Paris a fini en recul de 2,92% mercredi, lestée par les conséquences de l'épidémie de Covid-19 et par le regain des tensions commerciales.

L'indice CAC 40 a cédé 146,32 points à  4.871,36 points. La veille, il avait fini en nette hausse (+1,39%).

"Les marchés européens sont anxieux d'une seconde vague de , cela reste leur gros sujet", ils sont en particulier sensibles aux nouvelles venues d'outre-Atlantique où "certains États américains sont très touchés", a souligné auprès de l'AFP Alexandre Baradez, un analyste de IG France.

L'épidémie enregistre en effet une poussée "préoccupante" aux États-Unis et progresse toujours en Amérique latine. En Europe, l'Allemagne a reconfiné mardi plus de 600.000 personnes face à l'éruption d'un foyer de contamination dans le plus grand abattoir d'Europe, où plus de 1.550 personnes ont été contaminées.

En plus des inquiétudes liées à la pandémie, "il y a un empilement de nouvelles négatives aujourd'hui qui génèrent de la volatilité et pèsent sur les indices", a observé M. Baradez.

"La tension toujours forte entre les États-Unis et la Chine" est un facteur important, selon lui, et l'Europe n'est pas non à l'abri, comme en témoigne les nouvelles taxes envisagées par Washington.

L'administration Trump envisage d'imposer des taxes punitives supplémentaires sur l'équivalent de 3,1 milliards de dollars de produits européens, dont français, selon un document officiel publié dans la nuit de mardi à mercredi.

Ce geste encore virtuel pour le moment devrait tendre encore un peu plus les relations commerciales déjà très délicates entre l'UE et les États-Unis. 

Les nouvelles prévisions du FMI, encore plus sévères, sont venues encore assombrir l'horizon, l'institution prévoyant désormais plus de 12.000 milliards de dollars de perte cumulée pour l'économie mondiale en 2020 et 2021 à cause de la pandémie.

Les bonnes nouvelles de la matinée, avec un rebond plus fort que prévu du moral des entrepreneurs allemands en juin (baromètre Ifo) et un redressement du climat des affaires en France pour le même mois n'ont pas permis de rééquilibrer la balance.

ArcelorMittal, très sensible à la conjoncture économique, a fermé la marche, avec un recul de 7,66% à 9,02 euros.

A l'autre extrémité, L'Oréal n'a reflué que de 0,57% à 259 euros, aidé par un relèvement de recommandation.

L'automobile et l'aéronautique ont souffert, à l'instar de Peugeot (-5,75% à 14,01 euros), Renault (-6,48% à 20,92 euros), Safran (-5,63% à 89,76 euros) et Thales (-5,02% à 69,60 euros).

La baisse des prix du pétrole a pesé sur Total (-3,47% à 34,93 euros).

Le transport aérien n'a pas été épargné non plus: Groupe ADP a reculé de 4,91% à 91,90 euros et Air France-KLM de 3,88% à 4,11 euros.

Technicolor a poursuivi sa chute de la veille avec un plongeon de 14,53% à 2,95 euros. Le groupe a annoncé lundi être parvenu à un accord de principe avec des créanciers sur un plan de restructuration financière, avec à la clef un nouveau financement de 420 millions d'euros.

Euronext CAC40

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