La Bourse de Paris pâtit des incertitudes sanitaires (-0,62%)

La Bourse de Paris pâtit des incertitudes sanitaires (-0,62%)
La salle de contrôle d'Euronext, société qui gère la Bourse de Paris

AFP, publié le lundi 22 juin 2020 à 18h23

La Bourse de Paris a fini en recul de 0,62% lundi, les investisseurs restant prudents face aux incertitudes économiques et sanitaires. 

L'indice CAC 40 a cédé 30,75 points à 4.948,70 points. Vendredi, il avait clôturé en petite hausse de 0,42%.

"Les marchés actions sont sous pression du fait des craintes d'une deuxième vague de Covid-19, et les investisseurs gardent les yeux rivés sur les Etats du Centre et de l'Ouest américains, la Floride et l'Amérique du Sud", commente Sébastien Galy, stratégiste chez Nordea Asset Management.

Le géant américain Apple a ainsi annoncé de nouvelles fermetures de 11 magasins dans les Etats américains qui connaissent un rebond des cas de coronavirus.

L'Europe accélère quant à elle le redémarrage de son activité économique, mais un nouveau foyer est apparu en Allemagne, où plus de 1.000 travailleurs d'un abattoir ont été testés positifs.

"Les investisseurs ont réellement conscience des risques malgré la bonne performance des indices boursiers", écrivent les stratégistes du courtier Aurel BGC.

Le rebond des indices entamé depuis mi-mars reposait sur l'anticipation d'une reprise rapide de l'activité économique sans résurgence de deuxième vague épidémique, aidée par les interventions des banques centrales et des gouvernements.

Mais, au vu des prévisions actualisées de grandes institutions économiques et de la fragilité du marché du travail, la vitesse de la reprise semble plus faible qu'espéré.

Une deuxième vague épidémique pourrait entraîner une nouvelle vague de mesures sanitaires restrictives qui affecteraient encore l'économie.

En revanche, la perspective de potentiels plans de relance américain et européen constitue un élément de soutien pour les marchés.

"Tout ce qui peut éloigner l'hypothèse d'une reprise en V de l'économie américaine risque clairement de pousser les marchés actions dans une phase plus longue de consolidation, malgré un soutien toujours actif des banques centrales", prévient Alexandre Baradez, responsable analyses marchés chez IG France.

En outre, "l'absence presque totale de visibilité sur les résultats (d'entreprises) du deuxième trimestre pourrait légitimement pousser à une phase plus +consolidante+ sur les indices boursiers", selon lui.

Côté statistiques, petite déception avec le recul de 9,7% des reventes de logements aux Etats-Unis en mai par rapport au mois d'avril, conséquence des mesures de confinement des mois précédents.

- Peugeot accélère -

Sur le tableau des valeurs, Peugeot a connu la plus forte hausse du CAC 40 (+3,56% à 13,83 euros). Le constructeur Fiat Chrysler avec lequel le groupe entend fusionner a accepté les conditions fixées par le gouvernement italien pour bénéficier d'un prêt de 6,3 milliards d'euros garanti par l'Etat.

Carrefour (+2,98% à 14,53 euros) lui a emboîté le pas, porté par le relèvement de sa recommandation à "pondérer" par JPMorgan. 

En revanche, Sodexo et Danone ont accusé respectivement un recul de 3,80% à 62,28 euros et de 3,14% à 63,62 euros, en bas de l'indice.

Air France-KLM a décroché de 4,52% à 4,36 euros alors que quatorze syndicats de la compagnie aérienne Air France ont publié une lettre commune demandant à être reçus par le gouvernement pour préserver les emplois "à court et long terme".

EDF a perdu 2,87% à 8,04 euros à la suite de l'abaissement de sa note de crédit à 'BBB+' par l'agence Standard & Poors. 

Euronext CAC40

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