La Bourse de Paris perd 3,14%, affolée par les conséquences du coronavirus

La Bourse de Paris perd 3,14%, affolée par les conséquences du coronavirus
Salle de contrôle d'Euronext, l'opérateur de la Bourse de Paris, à La Défense, le 27 avril 2018

AFP, publié le vendredi 28 février 2020 à 10h02

La Bourse de Paris continuait d'accuser le coup (-3,14%) vendredi à l'ouverture, se rapprochant du plancher des 5.300 points, un niveau plus vu depuis fin août 2019, dans un marché affolé par les conséquences économiques de l'épidémie de coronavirus, paraissant difficiles à maîtriser.

A 09H45, l'indice CAC 40 s'enfonçait de 172,32 points à 5.323,28 points après être tombé à 5.302,59 points, un plus bas depuis le 26 août 2019. La veille, il avait déjà accusé de lourdes pertes de 3,32%.

Depuis vendredi dernier, l'indice a chuté de plus de 11%.

"Ce vendredi est la dernière séance de la semaine et du mois. Nous avions déjà écrit vendredi dernier que le weekend serait à hauts risques : l'avertissement est similaire aujourd'hui. Les contaminations vont-elles encore accélérer dans les jours à venir hors de Chine ?", s'interroge dans une note Tangi Le Liboux, un stratégiste du courtier Aurel BGC.

"Pour éviter la propagation, il n'y a pas d'autre solution que de confiner, réduire les déplacements et donc mettre à l'arrêt l'activité économique", a-t-il ajouté.

Ainsi "le coronavirus n'est peut-être pas très mortel en absolu, mais c'est une menace considérable pour l'économie mondiale", selon lui.

Aussi "la chute des actions s'est-elle accélérée hier, les marchés européens ayant connu leur pire séance de la semaine" avec des pertes au-delà de 3%, et de plus de 4% pour Wall Street, "alors que de plus en plus de pays ont signalé de nouveaux cas de coronavirus", a relevé Michael Hewson, un analyste de CMC Markets.

Si la Chine était jusqu'à peu l'unique foyer mondial de coronavirus, le risque s'est démultiplié avec l'émergence de nouveaux pays-sources comme la Corée du Sud, l'Iran et l'Italie. Un premier cas a en outre été signalé aux Pays-Bas, au Nigeria et en Nouvelle-Zélande.

"Nous sommes à un moment décisif", a assuré le patron de l'OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, soulignant qu'au cours des deux derniers jours, le nombre quotidien de nouvelles personnes contaminées dans le monde avait été supérieur à celui enregistré en Chine, où le virus est apparu en décembre.

Du côté des indicateurs, la croissance française a été légèrement revue à la hausse à 1,3% pour 2019 mais la consommation des ménages a chuté de 1,1% en janvier, principalement du fait de la forte baisse des ventes d'automobiles neuves liée au renforcement du malus écologique au 1er janvier. 

Dans l'Hexagone toujours, les prix à la consommation ont eux augmenté de 1,4% en février, légèrement moins qu'en janvier (1,5%).)

Côté valeurs, l'intégralité du CAC 40 et du SBF 120 voyaient rouge.

Lagardère plongeait de 7,20% à 16,10 euros, plombé par une perte nette de 15 millions d'euros lors de son exercice 2019.

Le secteur aérien accusait également le coup, à l'instar d'ADP (-5,94% à 134,70 euros) et d'Air France-KLM (-4,55% à 7,04 euros).

Les matières premières faisaient également partie des grandes perdantes, à l'image de Vallourec (-6,35% à 1,67 euro), ArcelorMittal (-5,28% à 12,52 euros) ou encore CGG (-4,09% à 2,37 euros).

Euronext CAC40

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