La Bourse de Paris rebondit avec l'aide de la BCE (+0,97%)

La Bourse de Paris rebondit avec l'aide de la BCE (+0,97%)
La salle de contrôle d'Euronext, société qui gère la Bourse de Paris

AFP, publié le jeudi 25 juin 2020 à 18h30

La Bourse de Paris a retrouvé le vert jeudi après la nette baisse de la veille, soulagée par l'action de la Banque centrale européenne et malgré une situation sanitaire toujours préoccupante. 

Le CAC a gagné 47,22 points à 4.918,58 points dans un volume d'échange modéré de 3,6 milliards d'euros. La veille, il avait chuté de 2,92%. 

"Le marché a réussi à inverser la tendance grâce à la BCE", a déclaré à l'AFP Andrea Tuéni, analyste chez Saxo Banque.  

L'institution européenne a "semblé vouloir avancer" dans le litige qui l'oppose à la Cour constitutionnelle allemande, estime M. Tuéni. 

Dans les minutes de sa dernière réunion, publiées sur son site internet, la BCE affirme que les rachats d'actifs décidés en 2015 et lors du plan d'urgence de 2020 sont "des mesures proportionnées" pour aider l'économie et permettent de "poursuivre l'objectif de stabilité des prix", avec des garanties "suffisantes".

C'est une réponse indirecte, et sans le nommer, à l'arrêt retentissant début mai de la Cour constitutionnelle allemande. Celle-ci avait critiqué le "manque de proportionnalité" dans ces rachats de dette sur le marché et menacé d'interdire à la Banque centrale allemande d'y participer si la BCE ne se justifiait pas. 

- Epée de Damoclès -

Les risques n'ont pas disparu pour autant, et le Fonds monétaire international a averti jeudi du risque d'une sévère correction sur les marchés jugés "déconnectés" de la réalité.

"C'est une réalité qu'on observe", confirme Andrea Tuéni mais "il faut souligner le soutien infaillible de banques centrales, déjà bien présentes avant la crise. Elles injectent énormément de liquidités sur les marchés et il faut bien que cette liquidité aille quelque part."  

Les préoccupations sont plus d'ordre sanitaire alors que pour la "première fois depuis des mois", l'Europe connaît une augmentation du nombre de cas hebdomadaires de Covid-19, notamment dans onze pays, a prévenu jeudi l'Organisation mondiale de la Santé tout en saluant la "réaction rapide" de plusieurs pays, comme la Pologne, l'Allemagne et l'Espagne. 

Aux Etats-Unis, le gouverneur du Texas a annoncé jeudi mettre en "pause" le processus de déconfinement en cours dans son Etat. Le nombre de nouvelles infections quotidiennes s'est rapproché mercredi de ses niveaux record, avec près de 36.000 cas en 24 heures.

La maladie est "une épée de Damoclès" pour les marchés tant qu'"un traitement qui fonctionne ou un vaccin" ne sont trouvés, juge M. Tuéni.

Ces deux tendances opposées font hésiter la Bourse, incapable de terminer deux fois de suite dans la même direction depuis six séances.

Les indicateurs du jour ont également été ambivalents. Aux Etats-Unis, la baisse du nombre de nouveaux inscrits au chômage a été moins forte qu'attendue, tandis que les commandes de biens durables ont bondi de 15,8% en mai, alors que le consensus tablait sur une hausse de 11,6%.

Peugeot a gagné 1,43% à 14,21 euros après que ses actionnaires ont conforté jeudi lors de leur assemblée générale annuelle l'option stratégique d'une fusion avec Fiat Chrysler (FCA). Renault a également progressé de 2,27% à 21,39 euros.

Les valeurs bancaires ont rebondi, à commencer par Société générale qui a pris 3,46% à 14,76 euros, tandis que Crédit agricole a avancé de 3,01% à 8,28 euros et BNP de 1,93% à 35,17 euros. 

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