La Bourse de Paris retrouve ses vieux démons (-4,09%)

La Bourse de Paris retrouve ses vieux démons (-4,09%)
La Bourse de Paris termine en hausse

AFP, publié le mercredi 01 avril 2020 à 10h06

La Bourse de Paris renouait avec les pertes (-4,09%) mercredi matin, après un déclin de plus de 25% sur le premier trimestre 2020, les investisseurs ayant toujours du mal à jauger les conséquences de la pandémie de coronavirus, en particulier aux Etats-Unis.

A 09H51 (07H51 GMT), l'indice CAC 40 dégringolait de 179,67 points à 4.216,45 points. La veille, il avait fini en modeste hausse de 0,40%.

"Le passage de témoin entre le premier et le deuxième trimestre s'annonce délicat après les propos sombres de Donald Trump sur la situation à attendre dans les deux prochaines semaines aux Etats-Unis", a souligné dans une note Tangi Le Liboux, un stratégiste du courtier Aurel BGC.

"Le président américain, qui espérait remettre le pays au travail pour Pâques, devra sans doute attendre un ou deux mois de plus", a-t-il ajouté.

Donald Trump a demandé à ses concitoyens de se préparer, à l'instar de l'Europe, à des semaines "très, très douloureuses" face à la pandémie de coronavirus, qualifiée par l'ONU de pire crise à laquelle l'humanité ait été confrontée depuis 1945.

Plus de 4.000 décès ont été recensés mercredi sur le sol américain, soit un chiffre multiplié par deux en trois jours, dont plus de 40% dans l'Etat de New York, selon l'Université américaine Johns Hopkins, dont les bilans font autorité.

Et alors que les statistiques intégrant "les dégâts économiques causés par la pandémie vont se faire plus nombreuses", selon M. Le Liboux, "le temps de la rechute sur les indices actions" pourrait être arrivé.

Pour preuve, le marché automobile français a sombré de 72,2% en mars et devrait baisser de 20% sur l'année, victime de l'épidémie de coronavirus et des mesures de confinement de la population qui ont stoppé le commerce automobile.

"Beaucoup d'investisseurs anticipent que le point bas du marché sur le CAC 40 n'a pas été encore atteint et attendent une poursuite de la baisse vers les 3.200 points", abonde dans une note Christopher Dembik, responsable de la recherche économique chez Saxo Banque.

Ainsi, selon lui, les investisseurs "vont devoir naviguer encore pendant plusieurs semaines dans un environnement de marché marqué par les très mauvaises statistiques et une prolongation des mesures de confinement dans plusieurs pays jusqu'à fin avril/début mai dans le meilleur des scénarios".

A l'agenda du jour seront particulièrement scrutés les chiffres des créations d'emplois dans le secteur privé aux Etats-Unis en mars (enquête ADP). Ils devraient "confirmer que les destructions d'emplois ont atteint un niveau sans précédent du fait de la crise", a estimé M. Dembik.

Les données du chômage en zone euro pour février et l'indice d'activité manufacturière ISM du mois dernier outre-Atlantique sont également au menu.

En Chine, l'activité manufacturière a bien connu en mars un rebond inattendu après un plus bas historique en février, selon un indice indépendant (PMI calculé par le cabint IHS Markit) confirmant des données gouvernementales publiées la veille.

- Aéronautique et automobile pèsent lourdement -

En matière de valeurs, l'ensemble du CAC 40 évoluait en territoire négatif.

Le secteur aéronautique continuait à être en première ligne de la crise économique induite par l'épidémie de coronavirus: Safran chutait de 8,39% à 73,30 euros quand Airbus décrochait de 7,06% à 55,15 euros.

L'automobile pâtissait également, Renault perdant 3,92% à 17,01 euros et Peugeot déclinant de 1,97% à 11,93 euros. PSA (Peugeot, Citroën, DS, Opel) a vu ses immatriculations de voitures particulières neuves dégringoler (-73,4%) en mars, tout comme le groupe Renault (-71,6%), avec Dacia et Alpine.

Faurecia s'enfonçait pour sa part de 6,89% à 25,42 euros, Valeo de 4,33% à 14,59 euros et Plastic Omnium de 4,41% à 12,25 euros. Michelin abandonnait quant à lui 3,36% à 78,34 euros.

Maurel et Prom déclinait de 3,40% à 1,48 euros après que le groupe a annoncé qu'il allait à son tour réduire ses dépenses et ses investissements cette année face à la chute des cours du pétrole.

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