La Bourse de Paris s'affaisse de 1,39% sous le poids des taux

La Bourse de Paris s'affaisse de 1,39% sous le poids des taux
La salle de contrôle d'Euronext, société qui gère la Bourse de Paris

AFP, publié le vendredi 26 février 2021 à 18h33

La Bourse de Paris a terminé en nette baisse de 1,39% vendredi, pénalisée par un rééquilibrage en faveur des obligations d'État, qui ont vu leurs rendements fortement augmenter ces derniers jours en raison d'anticipations d'inflation à la hausse.

La Bourse de Paris a terminé en nette baisse de 1,39% vendredi, pénalisée par un rééquilibrage en faveur des obligations d'État, qui ont vu leurs rendements fortement augmenter ces derniers jours en raison d'anticipations d'inflation à la hausse.

L'indice CAC 40 a reculé de 80,67 points pour finir la séance à 5.703,22 points, au lendemain d'une baisse de 0,24%. Ses pertes sur la semaine atteignent 1,20%, mais il reste en hausse de 2,76% depuis le 1er janvier.

Nous assistons à un "mouvement de rééquilibrage, une phase de consolidation" sur l'indice parisien a estimé auprès de l'AFP Frédéric Rozier, gestionnaire de portefeuille à Mirabaud France.

"Le marché prend conscience qu'il y a un vrai risque d'une nouvelle hausse sur les taux longs, d'autant que le seuil de 1,50%" pour le taux d'emprunt à dix ans aux États-Unis "est fondamental car il correspond au rendement des actions", complète-t-il.

Après avoir atteint de nouveaux plus hauts en début de séance, les rendements obligataires en zone euro ont toutefois un peu reflué ce vendredi. Le taux d'intérêt sur la dette française à dix ans a ainsi terminé à -0,01% après avoir franchi jeudi la barre symbolique de 0% pour la première fois depuis juin 2020.

Avec la hausse des taux d'emprunt, un basculement s'opère vers le marché obligataire, qui offre des rendements supérieurs à ceux des actifs risqués.

"Ce sont les valeurs les plus chères qui souffrent", celles de la technologie aux États-Unis en particulier, mais ce mouvement finit par se transmettre aussi "aux valeurs de l'ancienne économie", poursuit M. Rozier.

Pour autant, "il n'y a pas de justification à ce que les taux longs remontent aussi vite", selon lui, car "l'inflation ne s'est pas matérialisée" en Europe.

Les inquiétudes inflationnistes touchent en effet surtout les États-Unis: si les prix à la consommation y ont augmenté un peu moins vite en janvier qu'en décembre, à +0,3%, sur un an toutefois, l'inflation s'accélère un peu, à 1,5%, selon l'indice PCE.

Concernant l'Hexagone, l'inflation a ralenti à 0,4% sur un an en février selon l'Insee.

Également au rang des indicateurs français, la récession a été légèrement revue à la baisse en 2020, à -8,2%. 

Teleperformance, spécialisé dans les centres d'appels et la relation client externalisée , a bondi de 6,93% à 293,10 euros, porté par des ventes en croissance malgré la crise du Covid-19. 

Côté valeurs, Veolia a souffert (-4,28% à 22,35 euros) alors que le conseil d'administration de Suez (+0,52% à 17,25 euros) a récusé vendredi son offre de rachat, en estimant que le prix proposé n'était "pas satisfaisant" et que le projet "impacterait négativement la valeur de Suez", qui a publié des résultats annuels marqués par une nette reprise au second semestre.

Le géant énergétique Engie, qui s'est engagé à sortir du charbon en Europe d'ici 2025 et dans le monde d'ici 2027 et annoncé une perte nette de 1,5 milliard en 2020, a cédé 4,13% à 12,09 euros.

Euronext CAC40

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