La CFDT veut plafonner les salaires des patrons

La CFDT veut plafonner les salaires des patrons
Laurent Berger CFDT

Boursier.com, publié le lundi 17 décembre 2018 à 12h14

"En 2018, il y a eu 14% d'augmentation pour les patrons du CAC 40 et 1,8% pour les salariés", dénonce Laurent Berger...

Pas suffisantes, les annonces du gouvernement pour répondre à la colère des "Gilets jaunes" ? Le secrétaire général de la CFDT qui a estimé lundi que les plus hauts salaires ne contribuaient pas suffisamment à la solidarité nationale propose de les plafonner par la loi...

Laurent Berger a salué l'extension de la prime d'activité à davantage de salariés annoncée par Edouard Philippe. "Le gouvernement a compris qu'il y avait un problème de pouvoir d'achat, de pouvoir de vivre pour toutes les personnes qui sont payées autour du smic et qui n'ont pas les moyens de s'en sortir", a-t-il estimé...

Des mesures contraignantes

Concernant la contribution des plus des plus hauts revenus à la solidarité nationale, "le compte n'y est pas. C'est un peu un appel aux dons qui est fait aux plus riches", a estimé Laurent Berger, alors que le Premier ministre exclut de revenir sur la suppression de l'ISF.

Il préconise donc "des mesures très concrètes, contraignantes comme la fin de la "flat tax" (prélèvement forfaitaire sur les revenus du capital), une tranche d'impôt supplémentaire sur les plus hauts revenus et la taxation de la transmission des patrimoines. "Il faut des mesures contraignantes auxquelles le gouvernement ne réfléchit pas" pour l'instant, a-t-il dit.

Il a aussi épinglé l'écart entre la hausse moyenne de la rémunération des salariés cette année et celle des dirigeants des entreprises constituant le CAC 40, l'indice des principales sociétés cotées à la Bourse de Paris. "En 2018, il y a eu 14% d'augmentation pour les patrons du CAC 40 et 1,8% pour les salariés... Cela veut dire que l'autorégulation préconisée par le Medef, ça ne marche pas !", a déclaré Laurent Berger, qui était interrogé sur Europe 1.

"Il faut des mesures contraignantes... Pourquoi pas une loi qui limite les très hautes rémunérations ?", a-t-il ajouté en soulignant la valeur de symbole qu'aurait une telle mesure, notamment en regard des revendications de plus d'équité du mouvement des "Gilets jaunes".

Une "crise émotionnelle"

"La crise des Gilets jaunes, c'est une crise de sens, de raison, mais c'est aussi une crise émotionnelle... Il y en a assez d'un certain nombre d'inégalités. Il faut les traiter, y compris de façon symbolique parfois", a déclaré le dirigeant de la CFDT qui est devenu dernièrement la première centrale syndicale dans le secteur privé.

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