La CFTC en congrès pour élire son nouveau président et fêter ses 100 ans

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Cyril Chabanier, le 9 octobre 2019 à Paris
Cyril Chabanier, le 9 octobre 2019 à Paris
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© AFP, JOEL SAGET

AFP, publié le dimanche 03 novembre 2019 à 12h50

La CFTC se réunit de mardi à vendredi en congrès à Marseille pour célébrer ses 100 ans et élire son nouveau président, Cyril Chabanier, aussi "réformiste" que son prédécesseur Philippe Louis, et qui aura la lourde tâche de négocier la réforme des retraites.

A l'ordre du jour: le positionnement de la centrale d'inspiration sociale chrétienne face à la révolution numérique, au changement climatique, à la mutation du statut des travailleurs tout au long de la carrière, dans la lignée du congrès précédent, en 2015.

Une réflexion sera menée sur le rôle même du 5e syndicat français vis-à-vis des salariés. Une plateforme sera lancée, e-cfct.fr, pour mettre en contact adhérents et militants afin qu'ils échangent informations et services (stages, emplois...).

"Nous allons créer une communauté, passer d'un syndicalisme de service à un syndicalisme au service des adhérents, des salariés", explique Philippe Louis. "Si le monde change, les syndicats doivent aussi changer", abonde Cyril Chabanier, 46 ans.

Il prendra officiellement les rênes de la CFTC vendredi, à la place de M. Louis, président depuis 2011 et qui, à bientôt 64 ans, a atteint la limite d'âge.

M. Chabanier prévoit de maintenir le cap de son prédécesseur, "réformiste", adepte de la négociation, et qui quitte la confédération "sans regrets ni remords, à part celui de n'avoir pas tout obtenu".

Sous le quinquennat précédent, Philippe Louis dit avoir "réussi à faire passer son idée de droits rattachés à la personne, qui s'est concrétisée avec le CPA (compte personnel d'activité)", promis par François Hollande et lancé en janvier 2017.

Sous la présidence d'Emmanuel Macron, si le dirigeant était de toutes les négociations, une règle d'or de la CFTC, les relations se sont sérieusement tendues à l'occasion de la réforme de l'assurance chômage, qui vient d'entrer en vigueur. 

- "Rajeunissement et féminisation" -

Sur les retraites, le "système universel" par points voulu par l'exécutif a son aval, comme celui de son successeur, mais aussi de la CFDT.

"C'est ce qu'on réclame depuis 15 ans! Aujourd'hui, avec 42 régimes, certains s'en sortent, d'autres pas. Il faut que tout le monde soit égal devant le droit de la protection sociale, la meilleure possible", dit le président sortant.

Une position que rejoint Cyril Chabanier, économiste de formation, statisticien à la Caisse nationale des allocations familiales (Cnaf) et président de la Fédération de la protection sociale.

"Le régime complémentaire Agirc-Arrco est universel et par points. Il fonctionne plutôt bien", souligne-t-il, relevant que le système actuel "est loin d'être juste".

M. Chabanier souhaite instiller deux règles au sein de la future équipe dirigeante: "du rajeunissement et de la féminisation".

Lors du congrès précédent, les congressistes femmes avaient protesté car une majorité d'hommes avaient été élus au sein des instances dirigeantes: le bureau confédéral de 14 membres comprenait seulement 3 femmes et le conseil confédéral de 50 membres, 10. Une résolution sera proposée au vote à Marseille pour inciter aux candidatures féminines.

Le congrès sera aussi l'occasion de fêter le centenaire de ce syndicat, né le 1er novembre 1919 de la fusion de 321 organisations de salariés chrétiens. C'est la plus ancienne centrale avec la CGT, fondée en 1895. 

Une histoire marquée par une date sombre pour la confédération, 1964, année du départ d'une large partie d'adhérents partisans d'une déconfessionnalisation. Ils créeront la CFDT. 

La "morale sociale chrétienne", inscrite dans les statuts de la CFTC, avec ses valeurs d'"humanisme, de dignité de la personne et du bien commun", est "une boussole" pour M. Chabanier.

La CFTC, cinquième syndicat représentatif après la CFDT, la CGT, FO et la CFE-CGC, revendique 140.000 adhérents. A l'issue des élections professionnelles dans le public (2018) et le privé (2017), elle a réussi à se maintenir dans le groupe des syndicats représentatifs, au-dessus de 8% des voix, avec 9,48% des suffrages.

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