La dette de l'Etat est "préoccupante", alerte la Cour des comptes !

La dette de l'Etat est "préoccupante", alerte la Cour des comptes !
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Boursier.com, publié le mardi 25 juin 2019 à 22h05

Dans un rapport publié ce mardi, la Cour des comptes juge la situation financière de la France fragilisée, après les mesures sociales annoncées en réponse au mouvement des "Gilets jaunes" et après le "grand débat".

Attention danger... La Cour des Comptes s'est inquiétée mardi d'une dérive des comptes publics de la France, fragilisés après les mesures sociales prises en réponse au mouvement des Gilets jaunes et après le "grand débat", dont le coût pour l'Etat est estimé à près de 17 milliards d'euros, dont 5 MdsE de baisses d'impôt sur le revenu.

Divergence accrue entre la France et ses partenaires

Contrairement à ses voisins européens, la France n'a pas entamé son effort de désendettement, et sa dette ne devrait désormais pas commencer à baisser avant 2021, regrettent les magistrats de la rue Cambon, dans leur rapport annuel sur les perspectives des finances publiques publié mardi.

"La France est loin d'avoir résorbé ses déficits structurels alors que de nombreux voisins européens ont pratiquement atteint l'équilibre (...) Cette divergence accrue entre la France et ses partenaires est préoccupante", a ajouté la haute juridiction financière, qui épingle dans ce document de 150 pages "la lenteur des progrès faits par la France pour réduire son déficit structurel", malgré le retour de la croissance ces dernières années.

La dette publique allemande "poursuit sa décrue rapide, dépassant à peine 60 points de PIB en 2018, et celle de la zone euro (hors Allemagne et France) baisse depuis 2014 et est désormais inférieure à celle de la France", s'est encore inquiété la Cour.

La baisse des taux, une aubaine et un risque

Certes la baisse des taux d'intérêt devrait entraîner des économies de 400 millions d'euros sur le coût de financement de l'Etat en 2019 et jusqu'à 4 milliards l'an prochain si les taux se maintiennent à leur niveau actuel très bas. Les taux d'intérêts sur la dette de l'Etat français sont désormais négatifs jusqu'à une échéance de 10 ans (-0,01% sur l'OAT à 10 ans ce mardi), ce qui signifie en pratique que l'Etat "gagne de l'argent en s'endettant".

Cette économie non négligeable sur le coût de la dette comporte cependant le danger de la complaisance vis-à-vis de cette dette. Les magistrats de la Cour des Comptes ont ainsi alerté contre "un maintien du ratio de dette publique à un niveau très élevé qui est porteur de risque".

En présentant mardi le rapport, Didier Migaud, le premier président de la Cour a mis en garde contre "l'effet anesthésiant" de ces taux bas. "Il est imprudent de baser une stratégie de finances publiques sur un phénomène que les économistes ont du mal à expliquer", a renchéri Raoul Briet, président de la première chambre.

La Cour doute des objectifs de désendettement du gouvernement

La Cour des Comptes met en doute l'objectif de faire diminuer la dette publique en 2020. Selon la Cour, le coût des "mesures gilets jaunes" va empêcher la dette de baisser avant 2021, ce qui pourrait "dégrader la qualité perçue par les investisseurs de la signature de la France".

Le gouvernement prévoit, dans son programme de stabilité budgétaire, envoyé fin avril à Bruxelles, que le déficit public atteindra 3,1 % du PIB cette année, puis 2% en 2020, 1,6 % en 2021 et 1,2% en 2022. Une trajectoire ralentie par rapport aux prévisions initiales du gouvernement, qui tablait sur un quasi-retour à l'équilibre budgétaire pour la fin du quinquennat.

Quant à la dette publique, elle devrait passer de 98,4% en 2018 à 96,8% en 2022, après un pic à 98,9 % cette année, prévoit le gouvernement. Sur l'ensemble du quinquennat, la baisse atteindrait 1,6 point de PIB, alors que l'exécutif promettait initialement un recul de cinq points de PIB.

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