La dette publique française supérieure à 100% du PIB pendant "dix ans au moins", estime Moscovici

La dette publique française supérieure à 100% du PIB pendant "dix ans au moins", estime Moscovici
Pierre Moscovici, premier président de la Cour des comptes, le 28 juillet, à Paris

AFP, publié le dimanche 17 janvier 2021 à 11h06

La dette publique française restera supérieure à 100% du PIB pendant "dix ans au moins", a estimé dimanche le premier président de la Cour des comptes Pierre Moscovici, ajoutant que l'enjeu était de s'assurer qu'elle reste "soutenable".

"Nous allons vivre pendant dix ans au moins avec une dette publique supérieure à 100% du PIB. Nous allons vivre pendant au moins 5 ans, 4 à 5 ans, avec des déficits budgétaires supérieurs à 3% du PIB", a affirmé l'ancien commissaire européen invité de Radio J.

La France a dépensé sans compter depuis le printemps 2020 pour faire face à la crise sanitaire et économique, avec plus de 86 milliards d'euros déboursés pour soutenir les entreprises et le secteur de la santé.

Le pays devrait ainsi avoir terminé l'année 2020 avec une dette d'environ 120% du PIB, qui devrait encore gonfler à 122,4% cette année du fait de nouvelles dépenses pour soutenir l'économie, prévoit le gouvernement.

Pour l'ex-élu socialiste et premier président de la Cour des comptes, il n'y a pas de problème à ce niveau de dépense publique dans le contexte de l'épidémie: "la dépense publique ne peut plus être considérée comme un ennemi. A crise exceptionnelle, il faut des mesures exceptionnelles", a-t-il défendu.

Et selon lui, "le regard doit changer" sur la perception des dépenses publiques. L'enjeu n'est pas "est-ce qu'il y a trop de déficit?", mais "comment est-ce que dans l'avenir on doit avoir une dette soutenable pour que nos enfants ne soient pas écrasés par le poids de la dette dans quelques années?", a-t-il insisté.

"Il faut se demander, avant tout, à quoi sert la dépense publique? Est-ce que l'argent public est bien dépensé? Est-ce qu'il va au bon endroit?", a encore affirmé Pierre Moscovici, qui veut renforcer cette approche dans le travail de la Cour des comptes.

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