"La diversité c'est la force" (Amina Mohamed, candidate à l'OMC)

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Les huits candidats à la direction générale de l'OMC (Organisation mondiale du commerce): Amina Mohamed, Hamid Mamdouh, Yoo Myung-hee, Mohammed al-Tuwaijri, Jesus Seade, Tudor Ulianovschi, Ngozi Okonjo-Iweala et Liam Fox, photographiés le 17 juillet 2020 à Genève
Les huits candidats à la direction générale de l'OMC (Organisation mondiale du commerce): Amina Mohamed, Hamid Mamdouh, Yoo Myung-hee, Mohammed al-Tuwaijri, Jesus Seade, Tudor Ulianovschi, Ngozi Okonjo-Iweala et Liam Fox, ...
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© AFP, Fabrice COFFRINI

AFP, publié le mardi 08 septembre 2020 à 16h35

Plus de diversité renforcerait l'Organisation mondiale du commerce, plaide Amina Mohamed -- femme et africaine-- en lice pour diriger l'organisation internationale frappée de plein fouet par la crise du multilatéralisme.

Pour cette Kényane de 58 ans, donner à une femme ou quelqu'un d'Afrique l'opportunité de diriger l'OMC, enverrait "un très puissant message", a-t-elle confié lors d'un entretien à l'AFP. 

Jusqu'à présent, l'instance qui se targue d'organiser la libéralisation ordonnée du commerce mondial n'a toujours été dirigée que par des hommes.

Pour Mme Mohamed, qui fait partie des huit candidats qui visent le poste de directeur général, l'OMC ne pourrait que bénéficier d'être un reflet plus fidèle de tous ceux qui contribuent aux échanges mondiaux.

Mme Mohamed, actuellement ministre des Sports et de la Culture et qui a aussi dirigé la diplomatie kényane est en concurrence avec deux autre candidats du continent, la Nigériane Okonjo-Iweala et l'Egyptien Abdel-Hamid Mamdouh.

Si les statuts de l'OMC ne prévoient pas de rotation géographique pour le directeur général, des voix s'élèvent pour dire que c'est autour d'un Africain ou d'une Africaine d'occuper le poste. Depuis sa création en 1995, l'OMC a été dirigée par six hommes: trois Européens, un Néo-zélandais, un Thaïlandais et un Brésilien.

"Une personne compétente (pour ce rôle) peut venir de n'importe quelle partie du monde", a lancé Mme Mohamed.

- Femme en tête -

"Cette idée que la compétence, l'expertise, le savoir et le savoir-faire ne viennent que de certaines régions du monde, n'est pas quelque chose de convaincant aujourd'hui", a-t-elle affirmé et d'ajouter: "sa date de péremption est dépassée".

Le processus pour trouver un remplaçant à Roberto Azevedo, qui a quitté l'organisation le 31 août avec un an d'avance sur le calendrier prévu, devrait se concentrer sur la sélection "d'un dirigeant compétent,...d'un dirigeant sage.

"Et c'est fantastique si un Africain" remplit ces critères.

Mme Mohamed, qui connaît bien l'OMC pour y avoir occupé d'importantes fonctions est aussi en compétition avec deux autres femmes, Mme Okonjo-Iweala et la Sud-Coréenne Yoo Myung-hee, pour mettre fin à l'hégémonie masculine à la tête de l'OMC.

"On ne peut plus prétendre que 60% (de la population mondiale) n'a pas l'expérience ou les connaissances requises pour diriger une organisation", a-t-elle martelé.

"Il est indispensable que nous ayons des femmes parmi la hiérarchie des organisations internationales", a-t-elle insisté, ajoutant qu'une femme à la tête de l'OMC serait une bonne chose.

"C'est formidable d'avoir des femmes dans ce rôle, parce que cela montre que nous acceptons que des femmes occupent des postes de dirigeantes, que nous reconnaissons les femmes dans ce rôle et que leur contribution est importante", insiste la candidate.

- Consensus -

D'où qu'il vienne, le prochain chef de l'OMC aura fort à faire dans un contexte de crise: économique à cause de la pandémie mais aussi de confiance dans le multilatéralisme bien fondé de la libéralisation du commerce mondial, le tout sur fond de guerre commerciale entre les deux premières puissances économiques mondiales, la Chine et les Etats-Unis.

Ce qu'il faut c'est un dirigeant qui "comprenne les enjeux, soit prêt à les faire avancer et qui est prêt à rapprocher les pays membre en bâtissant du consensus", explique t-elle.

Concernant le processus de nomination, dont certains craignent qu'il ne s'éternise au-delà du mois de novembre à cause des tensions politiques, Mme Mohamed n'est pas inquiète.

"Je ne vois pas pourquoi ça ne marcherait pas", lance-t-elle.

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