La fin d'Autolib' à Paris dans quelques jours ?

La fin d'Autolib' à Paris dans quelques jours ?
Véhicule Autolib' à côté de la Tour Eiffel durant un tour de présentation.

Boursier.com, publié le mardi 19 juin 2018 à 09h44

Les petites voitures grises Autolib' vont-elles quitter les rues de Paris et de sa proche banlieue ? "Ça peut s'arrêter dès que nous recevons la notification, jeudi ou lundi au plus tard", a expliqué mardi sur Europe 1 Marie Bolloré, directrice de Blue Solutions, la holding mobilité électrique du groupe Bolloré, concepteur et exploitant des voitures électriques.

Des problèmes dans la gestion du parc de voitures et un nombre de locations insuffisant ont fait dérailler la trajectoire financière du service, et le groupe Bolloré réclame désormais 46 millions d'euros par an à Paris et aux communes de banlieue concernées pour éponger le déficit. Ces dernières s'y refusent et menacent de trouver une solution alternative. La présidente du Syndicat Autolib' Vélib' métropole (SAVM), Catherine Baratti-Elbaz, a annoncé vendredi qu'elle proposerait de mettre fin au contrat avec le groupe Bolloré lors du comité syndical prévu jeudi.

"L'arrêt serait brutal"

"Nous allons attendre d'avoir reçu la notification de la résiliation, donc pour nous ça n'est pas encore fini", a expliqué la fille de Vincent Bolloré sur Europe 1. "Pendant ces jours qui nous restent, le but est de prouver que la résiliation serait une mauvaise décision, à la fois financière pour les contribuables, et que l'arrêt serait brutal pour les usagers et pour des salariés qui, du jour au lendemain, se retrouveraient sans travail", a-t-elle poursuivi.

Le contrat avec le groupe Bolloré court jusqu'en 2023. Négocié en 2011 entre Bertrand Delanoë et Vincent Bolloré, il impose à l'industriel de ne prendre en charge les pertes que jusqu'à hauteur de 60 millions d'euros. Au-delà, les communes sont tenues de lui régler le reste de l'ardoise. La maire de Paris Anne Hidalgo a qualifié les 46 millions d'euros réclamés par an de somme "extravagante" et prévenu que des offres privées alternatives, notamment en free floating - sans infrastructure dédiée - pourraient être mises en oeuvre avant le terme prévu du contrat.

Système équilibré

"C'est énorme, pour chacun", a reconnu Marie Bolloré à propos de cette somme. "Le but c'est de trouver des solutions pour essayer de réduire ce déficit. Nous demandons des mesures, nous pouvons innover dans beaucoup de voies différentes sur l'auto-partage, donc nous appelons le syndicat mixte à plutôt nous aider à trouver des solutions (...) ou bien à trouver un accord financier qui serait moindre pour les communes", déclare-t-elle.

"Il y a eu des changements dans le panorama de la mobilité urbaine : il y a eu l'arrivée des VTC qui a été une très forte concurrence, il y a eu moins de trajet banlieue-Paris ou Paris-banlieue, ce qui aurait augmenté le temps de location", a indiqué Marie Bolloré pour expliquer les difficultés. "Il nous reste à trouver un système financier équilibré".

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