La France abandonne la 4ème génération de réacteurs nucléaires

La France abandonne la 4ème génération de réacteurs nucléaires
Fessenheim, antinucléaire

Boursier.com, publié le vendredi 30 août 2019 à 15h36

En cause, son coût trop élevé et l'absence de soutien politique, rapporte le quotidien 'Le Monde' vendredi.

Le Commissariat français à l'énergie atomique et aux énergies alternatives (CEA) est en train d'abandonner le projet de prototype de réacteur nucléaire à neutrons rapides Astrid. En cause, son coût trop élevé et l'absence de soutien politique, rapporte le quotidien 'Le Monde' vendredi.

L'objectif de cette nouvelle génération de réacteurs refroidis au sodium était d'utiliser l'uranium appauvri et le plutonium comme combustibles, autrement dit de réutiliser les matières radioactives issues du parc français actuel et en grande partie stockées sur le site de La Hague (Manche), exploité par Orano (ex-Areva).

Plus de moyens ni d'énergie

Alors que le prototype Astrid devait être construit sur le site de Marcoule (Gard), une source interne au CEA citée par 'Le Monde' indique que la cellule de vingt-cinq personnes qui coordonnait le programme a été fermée au printemps et que l'organisme de recherche "n'y consacre plus de moyens ni d'énergie".

Interrogée par Reuters, une porte-parole du CEA a seulement indiqué que le projet était désormais envisagé sur "le long terme, pour la deuxième moitié du siècle".

738 millions d'euros ont été investis

'Le Monde' explique que son abandon est dû à un coût élevé - estimé entre 5 et 10 milliards d'euros - dans un contexte de prix de l'uranium relativement bas et de ressources abondantes, ainsi qu'à "une absence d'appui politique" qui transparaît dans la programmation pluriannuelle de l'énergie (PPE).

Selon des chiffres de la Cour des comptes cités par le quotidien, près de 738 millions d'euros ont été investis dans le projet Astrid à fin 2017, dont près de 500 millions proviennent du grand emprunt du Programme d'investissements d'avenir.

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