La France, championne d'Europe des investissements étrangers en 2019

La France, championne d'Europe des investissements étrangers en 2019©Boursier.com

Boursier.com, publié le jeudi 28 mai 2020 à 10h54

Selon une étude d'Ernst & Young, le nombre d'investissements étrangers a bondi de 17% en 2019 dans l'Hexagone, qui passe devant le Royaume-Uni et l'Allemagne...

La France va-t-elle rester attractive en 2020 ? Troisième en 2017, deuxième en 2018, la France est parvenue à décrocher en 2019 la première place dans le classement des pays européens les plus attractifs pour les investisseurs étrangers, selon un baromètre dévoilé ce jeudi par le cabinet Ernst & Young.

"Pendant la crise sanitaire, la question de l'attractivité de la France n'était pas sur le devant de la scène. Les pouvoirs publics avaient, à juste titre, d'autres priorités", a expliqué Eric Fourel, le président d'EY France, à l'occasion de la publication annuelle du rapport du cabinet sur le sujet.

Mais elle se pose désormais, "maintenant que les bleus aux âmes et aux corps commencent à s'estomper", a-t-il estimé. Elle se pose également parce que "la France, en 2019, prenait tout simplement la très convoitée première place sur le podium européen des investissements étrangers, devant ses compétiteurs historiques, le Royaume-Uni et l'Allemagne", a-t-il ajouté.

Près de 1.200 projets d'investissements

Au total, la France a enregistré 1.197 projets d'investissements venant de l'étranger en 2019 (soit +17%), notamment dans le digital, les services, la R&D. Elle se place ainsi devant ses compétiteurs historiques, le Royaume-Uni (1.109 projets) et l'Allemagne (971 projets).

L'Hexagone a conservé sa première place pour la production et la R&D, "dans la continuité de la forte progression observée en 2017 et 2018", indique le cabinet, précisant qu'un premier sondage mené en février dernier le confirmait déjà : 32% des dirigeants estimaient que l'attractivité de la France était en amélioration et 50% la voyaient se stabiliser, malgré les remous sociaux de 2018 et 2019.

"Depuis trois ans, la France est meilleure que ses voisins britanniques et allemands dans ce domaine. Or ce n'était pas gagné, car il fallait convaincre les investisseurs étrangers de venir alors que l'Hexagone a commencé 2019 avec les Gilets jaunes et avant de conclure avec les grèves contre la réforme des retraites", explique Eric Fourel.

La France va devoir défendre sa place pour 2020

Si la crise amène à revisiter les plans d'investissement, 65% environ des investissements annoncés en 2019 seraient maintenus, selon l'analyse d'EY. En revanche, 25% des investissements ont été reportés et 10% annulés.

En 2020 et 2021, les investissements étrangers pourraient fortement ralentir. Les deux-tiers des dirigeants envisagent une réduction de leurs projets 2020, 15% tablent sur un report en 2021. En revanche, aucun ne prévoit d'annulation. Pour 80% des sondés, les plans de relance annoncés par les Etats seront déterminants dans leur volonté d'investir localement, ainsi que les trajectoires de sortie de crise choisies.

Selon le cabinet, la France "doit rassurer sur sa stratégie immédiate". Outre la confirmation du "cadre fiscal et réglementaire qui a permis à la France de retrouver la confiance des investisseurs depuis 2017", sa stratégie devra également inclure l'accélération technologique, l'adaptation à l'urgence climatique, une nouvelle répartition des supply chains, ou encore la réaffirmation de la France comme "un hub technologique fort et incontournable en Europe"...

Vos réactions doivent respecter nos CGU.