La Grande-Bretagne exclut Huawei de son réseau 5G

La Grande-Bretagne exclut Huawei de son réseau 5G©Boursier.com

Boursier.com, publié le mardi 14 juillet 2020 à 14h23

Pour le royaume britannique, qui vient de quitter l'Union européenne, il s'agit d'un pas de plus vers son plus proche allié, les Etats-Unis.

La Grande-Bretagne a tranché... Elle n'utilisera plus aucun équipement du groupe chinois Huawei pour son réseau télécoms 5G d'ici 2027. Le Conseil de sécurité nationale présidé par le Premier ministre Boris Johnson a décidé mardi d'interdire à partir de la fin de cette année l'acquisition d'équipements de Huawei pour la nouvelle génération de communication mobile. Il a aussi ordonné le retrait de tous les équipements existants de Huawei d'ici 2027.

Les Etats-Unis faisaient pression sur Boris Johnson pour qu'il revienne sur la décision prise en janvier d'accorder à Huawei un rôle limité dans le déploiement de la 5G. Londres s'est par ailleurs émue de l'entrée en vigueur, à l'initiative de Pékin, d'une nouvelle loi sur la sécurité à Hong Kong, ancienne colonie britannique, et de sa gestion controversée de l'épidémie de coronavirus.

Vassal de Pékin ?

Les Etats-Unis soupçonnent Huawei, le plus grand producteur mondial d'équipements de télécommunications, d'être un vassal de Pékin et d'espionner pour le compte de la Chine.

Ils s'inquiètent également d'un éventuel rôle prépondérant de Huawei dans la 5G qui pourrait constituer une étape majeure dans la domination technologique de Pékin.

L'ambassadeur de Chine en Grande-Bretagne a déclaré qu'un retournement de situation sur Huawei nuirait à l'image du Royaume-Uni et qu'il devrait "en assumer les conséquences" s'il traitait la Chine comme un pays hostile. Lundi, Huawei a fait état pour le premier semestre d'un ralentissement de la croissance de son chiffre d'affaires, à 13,1%, sous l'effet des pressions américaines sur ses clients et fournisseurs.

Et la France ?

La France, elle, souhaite restreindre très significativement la présence de Huawei sur son territoire, comme l'a confirmé le directeur général de l'Agence nationale de la sécurité des systèmes d'information (Anssi) dans une interview accordée aux 'Echos'.

Orange a annoncé fin janvier qu'il avait choisi Nokia et Ericsson au détriment de Huawei. Free (Iliad) avait pour sa part opté dès septembre 2019 pour un partenariat avec Nokia pour construire son réseau 5G en France et en Italie.

Bouygues Telecom et SFR en revanche ont des équipements Huawei. "La vraie question en cas de refus, c'est comment on rend cette décision absorbable par l'opérateur (...) L'objectif n'est évidemment pas de les tuer !", dit le patron de l'Anssi.

Interdire aux opérateurs télécoms déjà équipés d'infrastructures Huawei de recourir à l'équipementier chinois pour la 5G pourrait engendrer une distorsion de la concurrence sur le marché français, estimait en février Martin Bouygues, dont le groupe n'excluait pas de porter si nécessaire l'affaire en justice.

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