La Grèce "plus que la mer et le soleil", dit son Premier ministre pour attirer les touristes

La Grèce "plus que la mer et le soleil", dit son Premier ministre pour attirer les touristes
Un serveur prépare les tables dans un café situé au dernier étage d'un hôtel dans le centre d'Athènes, le 1er juin 2020

AFP, publié le jeudi 04 juin 2020 à 21h44

La Grèce est "plus que la mer et le soleil", a déclaré jeudi le Premier ministre grec Kyriakos Mitsotakis, en lançant une campagne de promotion pour attirer les touristes, fort de son "succès" dans la bataille contre le nouveau coronavirus.

"Nous ouvrons les portes et les fenêtres de la Grèce, progressivement mais avec optimisme", a assuré le Premier ministre, en présentant un spot publicitaire destiné à attirer les touristes du monde entier.

"Ce que nous voulons communiquer c'est que l'été grec (...) est un état d'esprit", a-t-il lancé, estimant que "le monde entier a probablement besoin de ces vacances plus que jamais".

"Profitez de l'été grec, où que vous soyez", proclame une courte publicité sur fond d'images idylliques de mer azur et de plage immaculée.

La Grèce, dont l'économie dépend largement du tourisme avec 20% du PIB, a désespérément besoin d'attirer les visiteurs du monde entier dès cette année.

Pendant le confinement, le Premier ministre grec avait déjà prévenu que l'économie risquait de sombrer dans "une profonde récession", avant de rebondir en 2021.

Première répercussion de la pandémie de nouveau coronavirus, le PIB a chuté de 1,6% au 1er trimestre 2020, en comparaison au trimestre précédent, selon des données provisoires publiées jeudi par l'Autorité des statistiques grecques (Elstat).

Mais la Grèce a été moins touchée que ses partenaires européens par le nouveau coronavirus. Le pays déplore jusqu'ici 180 morts et quelque 3.000 cas, un résultat que le gouvernement conservateur, après une année au pouvoir, cherche à exploiter pour séduire les touristes.

"Protéger la santé publique, la sécurité des visiteurs et des travailleurs du tourisme, reste notre priorité non-négociable", a encore martelé le Premier ministre jeudi.

A chaque occasion, responsables gouvernementaux et médias mentionnent à l'envi "le succès" grec dans la gestion de la crise, rappelant que les Grecs, "mauvais élèves de l'Europe" il y a quelques années pendant la crise financière, "ont réussi à retrouver leur confiance et leur fierté".

A l'occasion de la réouverture des écoles primaires en début de semaine, M. Mitsotakis a loué "l'efficacité" de l'exécutif lors du confinement strict du pays, du 23 mars au 4 mai. 

Il s'est également félicité de la "responsabilité" et du "sang froid" des Grecs qui ont respecté les interdictions de circulation, passibles de lourdes amendes.

Il a promis jeudi que son gouvernement serait "sévère" quant au respect des protocoles sanitaires.

- Craintes d'une propagation  -

A partir du 15 juin, les deux principaux aéroports d'Athènes et de Thessalonique sont autorisés à accueillir les visiteurs d'une trentaine de pays, en majorité de l'Union européenne, les principaux clients du pays. L'ouverture des aéroports régionaux est prévue pour le 1er juillet.

Une liste de 29 pays initialement publiée vendredi dernier par le ministère du Tourisme, excluant les pays européens les plus touchés par la maladie Covid-19, a été élargie en 24 heures, autorisant désormais l'arrivée des vols depuis la France, l'Espagne, l'Italie et le Royaume-Uni.

Sous la pression des professionnels du tourisme, le gouvernement grec a mis les bouchées doubles pour permettre la reprise du secteur alors que la grogne sociale et le chômage montent.

Les employés du secteur du tourisme ont à nouveau manifesté jeudi à Athènes réclamant plus d'aide de l'Etat pour les chômeurs. 

Mais la principale source d'inquiétude des autorités actuellement est le risque d'une nouvelle propagation du virus avec l'arrivée des touristes.

"L'éventualité d'une deuxième vague du nouveau coronavirus n'est pas nulle", a prévenu Gkikas Magiorkinis, professeur d'épidémiologie à l'Université d'Athènes, à la télévision publique ERT.

Seuls des tests aléatoires sont prévus pour les visiteurs, à l'exception de ceux arrivant des régions les plus touchées par le Covid-19, comme l'Ile-de-France (région parisienne) ou les zones les plus affectées en Italie, qui seront soumis à des mesures strictes de quarantaine.

Le porte-parole du gouvernement Stelios Petsas a appelé à "la vigilance" et souligné que "la responsabilité individuelle et la maturité collective seraient notre boussole pour le retour à la normale".

Les protocoles d'hygiène s'adaptent quotidiennement aux "données épidémiologiques", rassure le gouvernement.

Pour preuve, les vols à destination et en provenance du Qatar ont été immédiatement suspendus mardi et jusqu'au 15 juin après que plusieurs cas de Covid-19 ont été détectés sur un vol reliant Doha à Athènes.

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