La grève se poursuit à la SNCF, mais la mobilisation décline...

La grève se poursuit à la SNCF, mais la mobilisation décline...©Boursier.com

Boursier.com, publié le mercredi 18 avril 2018 à 11h05

La réforme de la SNCF a franchi sa première étape parlementaire, mardi, tandis que la grève a repris hier soir pour deux jours sur le réseau ferroviaire français. Le mouvement devrait encore créer des perturbations pour les voyageurs, même s'il est de nouveau moins suivi que lors des précédents épisodes, selon la direction.

Les députés ont donc largement approuvé mardi, par 454 voix contre 80, le projet de transformation de la SNCF, avec le soutien de dernière minute du groupe Les Républicains (LR), constitué d'une centaine de députés, qui s'est joint aux députés de la majorité LREM.

Ouverture progressive à la concurrence

Après l'Assemblée, le projet de loi pour un nouveau pacte ferroviaire sera examiné par le Sénat à partir du 23 mai en commission, puis en séance à partir du 29 mai.

Le texte autorise le gouvernement à transformer par ordonnance la SNCF en société nationale à capitaux publics, détenue à 100% par l'Etat, à partir du 1er janvier 2020. La loi empêche toute possibilité de cession de participation puisque l'intégralité des capitaux devra être détenue par l'Etat, même en cas d'augmentation du capital.

L'ouverture progressive à la concurrence sera possible à partir de décembre 2019 pour les régions qui le souhaitent et après avoir organisé des appels d'offres. En Ile-de-France, l'ouverture n'interviendra pas avant la période 2023-2029.

Légère érosion du taux de grévistes

Le texte prévoit également la fin du statut de cheminots pour les nouveaux embauchés. En revanche, il n'évoque pas le sort de l'énorme dette (47 milliards d'euros pour SNCF Réseau) que l'Etat s'est engagé à reprendre à partir de 2020. "A partir du 1er janvier 2020, l'Etat reprendra progressivement la dette", a ainsi indiqué Emmanuel Macron dimanche soir sur 'BFM TV', 'RMC' et 'Mediapart'.

Mardi, le ministre de l'Economie Bruno Le Maire n'a pas exclu une reprise totale de la dette, tout en conditionnant le sujet à un retour de la compagnie ferroviaire à la "profitabilité".

En attendant, conformément à son calendrier prévu sur trois mois, la grève perlée a repris mardi soir à la SNCF pour un nouvel épisode de deux jours. Malgré une érosion du taux de grévistes, avec un taux de déclaration de grévistes de 32% selon la direction, le trafic restera perturbé mercredi et jeudi, avec 2 trains sur 5 annoncés sur les lignes de TER et de transilien, 1 train sur 4 sur les lignes Intercités, et 1 TGV sur 3. Par comparaison, seul un train sur huit circulait le 3 avril (premier jour de grève) sur les liaisons à grande vitesse.

De nombreuses places disponibles dans les TGV

Dans un communiqué publié mardi, la SNCF a d'ailleurs fait savoir que "de nombreuses places sont disponibles et garanties sur les TGV circulant les 18, 19, 23 et 24 avril"... c'est à dire pour les prochaines journées de mobilisation au programme de cette grève intermittente.

"D'ores et déjà, ce sont 250 TGV qui seront garantis au départ le mercredi 18 avril prochain, de nombreuses places sont disponibles", écrit la SNCF,

Vos réactions doivent respecter nos CGU.