La justice se penche sur les offres de reprise du volailler Doux

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Quel avenir pour les abattoirs et couvoirs de Doux et ses 1.200 salariés? Le tribunal de commerce de Rennes examine mardi les huit offres de reprise du volailler finistérien en difficultés financières 
Quel avenir pour les abattoirs et couvoirs de Doux et ses 1.200 salariés? Le tribunal de commerce de Rennes examine mardi les huit offres de reprise du volailler finistérien en difficultés financières 
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© AFP, Fred TANNEAU

AFP, publié le lundi 14 mai 2018 à 15h37

Quel avenir pour les abattoirs et couvoirs de Doux et ses 1.200 salariés? Le tribunal de commerce de Rennes examine mardi les huit offres de reprise du volailler finistérien en difficultés financières. 

Le groupe finistérien a été placé le 4 avril en liquidation judiciaire tout en étant autorisé à poursuivre son activité jusqu'au 31 mai.

Repris en 2016 par le deuxième groupe coopératif français, Terrena, il perd plus de 35 millions d'euros par an.

La justice doit trancher entre les offres déposées mi-avril par huit repreneurs différents, au regard notamment du sérieux de l'offre de reprise, de la pérennité de l'emploi et du paiement des créanciers. Outre ses dettes passées, Doux a encore été condamné il y a un mois à payer 82 millions d'euros de pénalités pour avoir reçu indûment des aides à l'exportation de l'Union européenne.

Parmi les propositions les plus remarquées, le groupe sarthois LDC a déposé une offre en s'alliant avec Terrena, le groupe saoudien Al-Munajem, premier client de Doux, et la société Les Volailles de Plouray.

Le projet de ce consortium, composé des principaux acteurs français de la filière avicole, permettrait de conserver 920 emplois sur 1.187. Il proposerait par ailleurs 418 offres de reclassement aux autres salariés de Doux, soit plus d'offres que de salariés pour ceux n'étant pas repris directement.

- "marché français" -

"Notre stratégie, c'est vraiment la reconquête des produits pour le marché français", avait expliqué Denis Lambert, le PDG de LDC, à l'issue d'un Comité central d'entreprise (CCE) au siège du groupe Doux, à Châteaulin (Finistère).

La société Yer Breizh, qui regroupe LDC, la Région Bretagne, Terrena, Triskalia et Al-Munajem reprendrait les fermes d'élevage, le couvoir de La Harmoye (Côtes-d'Armor), le site de Bannalec (Finistère), soit au total 97 salariés.

Le saoudien Al-Munajem propose lui de reprendre l'abattoir de Châteaulin avec 347 salariés ainsi que 20 du siège. 

Outre l'usine de Châteaulin et le site de produits élaborés de Quimper, LDC propose enfin de reclasser quelques salariés du siège social.

Le volailler ukrainien MHP veut lui développer un projet qui "permettrait la sauvegarde immédiate d'environ 285 postes auxquels s'ajouteraient environ 430 postes" au démarrage d'une nouvelle unité de production à Châteaulin, pour laquelle MHP investirait 76 millions d'euros "d'ici deux ans".

Autre candidat, l'industriel britannique Chesterfield Poultry, spécialiste du poulet halal, propose de reprendre l'abattoir vendéen de Chantonnay et ses 145 salariés. Il a également déposé une offre pour le couvoir de L'Oie (Vendée) et ses 85 salariés, ainsi que pour l'usine d'aliments des Essarts-en-Bocage (Vendée) et ses 15 salariés. Soit 245 salariés au total.

L'allemand Saria, spécialiste de la valorisation des coproduits de viande, propose de reprendre la production de farine animale à Châteaulin avec 17 salariés. 

Le groupe Foch Investissement est lui intéressé par la reprise de 69 des 92 salariés du site de Plouray (Morbihan), contre 68 pour l'offre concurrente des Volailles de Plouray.

Troisième acteur mondial de la volaille à l'export, Doux vend environ 80% de sa production à l'étranger, principalement du poulet congelé commercialisé au Moyen-Orient.

Le tribunal doit rendre son délibéré vendredi 18 mai.

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