La Maison Blanche campe sur ses positions pour son plan de sauvetage de l'économie

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Le président américain Joe Biden dans le Bureau ovale de la Maison Blanche, le 29 janvier 2021 à Washington
Le président américain Joe Biden dans le Bureau ovale de la Maison Blanche, le 29 janvier 2021 à Washington
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© AFP, Nicholas Kamm

AFP, publié le mardi 02 février 2021 à 03h44

La Maison Blanche a campé sur ses positions lundi,  signifiant son refus que son plan de sauvetage de l'économie de 1.900 milliards de dollars soit divisé par trois, comme le demandent des républicains modérés.

Joe Biden a rencontré lundi pendant deux heures un groupe de dix sénateurs de l'opposition, qui lui ont soumis un projet alternatif de 618 milliards de dollars.

"Bien qu'il y ait des points d'accord, le président a réitéré son point de vue selon lequel le Congrès doit répondre avec audace et urgence", a indiqué lundi soir Jen Psaki, la porte-parole de la Maison Blanche dans un communiqué.

Joe Biden a en outre "noté de nombreux domaines que la proposition des sénateurs républicains ne traite pas", a-t-elle ajouté en référence à l'absence de mesures en faveur des Etats ou celle concernant le doublement du salaire fédérale minimum.

"Clairement", le président "pense que la taille du plan doit être plus proche" de l'enveloppe qu'il a proposée, avait aussi souligné plus tôt Mme Paski lors d'un point presse.

Elle avait alors souligné que cette réunion ne serait pas "un forum pour accepter une offre", mais "une opportunité d'échanger des idées".

"Ce fut un très bon échange de vues", a réagi de son côté Susan Collins, l'une des sénatrices ayant soumis la contre-proposition. 

"Je ne dirais pas que nous nous sommes parvenus à nous mettre d'accord (...) ce soir", a-t-elle ajouté, tout en soulignant que "personne ne s'y attendait".

Elle a également indiqué avoir "bon espoir" d'un accord entre les deux partis.

Selon Jen Psaki, Joe Biden espère lui aussi faire adopter le projet de loi "avec un soutien bipartisan".

- Accord ou passage en force ? -

Mais il a signalé aux sénateurs que si cela n'était pas possible, il utiliserait le dispositif de "réconciliation" permettant un vote à la majorité simple.

Rallier ces 10 républicains modérés serait pourtant une victoire pour les démocrates qui pourraient alors faire voter le texte selon la procédure habituelle qui requiert 60 votes sur 100.

Mme Collins a semblé faire un pas en avant en disant qu'ils partageaient les préoccupations sur la situation socio-économique du pays.  

Pour autant, l'administration Biden se prépare à l'éventualité d'un échec: la présidente démocrate de la Chambre des représentants Nancy Pelosi et le chef démocrate du Sénat Chuck Schumer ont ainsi annoncé avoir franchi un cap dans l'adoption de l'autre procédure, permettant la majorité simple.

Cette négociation constitue un test pour le président démocrate qui a constamment mis en avant sa volonté de gouverner dans un esprit d'ouverture.

Pour autant, le président a réitéré lundi qu'il voulait agir vite pour répondre à "l'urgence" de la situation, a indiqué sa porte-parole.

Parmi les mesures phare du président, revues en baisse par les républicains: les chèques versés aux Américains.

"Mon plan de sauvetage va nous sortir des profondeurs de ces crises" sanitaire et économique, avait défendu lundi matin Joe Biden sur Twitter.


Puis, les prévisions de croissance publiées lundi par les services du budget du Congrès (CBO) sont venues semer le trouble.

Si l'emploi ne retrouvera pas son niveau d'avant crise avant 2024, la croissance du produit intérieur brut va, elle, retrouver son niveau pré-pandémique dès le milieu de 2021, estime le CBO.  

De quoi conforter les républicains opposés à ouvrir les vannes budgétaires en raison d'une dette déjà colossale.


Ces élus dont Mitt Romney, ex-candidat à la Maison Blanche, et le sénateur de l'Ohio Rob Portman, font valoir que des milliards de dollars des plans précédents n'ont pas encore été utilisés. 

Un autre signataire, Bill Cassidy, avait, lui, expliqué dimanche sur Fox News les raisons de ne pas mettre la main au pot pour les écoles publiques.

"Rouvrir les écoles publiques n'est pas lié à un problème d'argent", a-t-il déclaré. Les enseignants, poussés par leurs syndicats, ne "veulent pas revenir travailler", a-t-il ajouté.

En mars 2020, le Congrès avait voté en urgence un plan de 2.200 milliards de dollars pour faire face au choc économique provoqué par le Covid.

Puis, malgré l'expiration des aides d'urgence à partir de l'été, il avait fallu attendre les derniers jours de décembre pour faire voter un nouveau plan de 900 milliards de dollars.

Les économistes s'accordent à dire que l'adoption tardive de ce plan avait contribué au ralentissement de la reprise économique d'autant que la pandémie est repartie de plus belle à l'automne.

La crise du Covid-19 a provoqué l'an passé la pire récession depuis 1946 et mis au jour de criantes inégalités sociales et raciales. 

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