La mobilisation ne s'essouffle pas à Hong Kong

La mobilisation ne s'essouffle pas à Hong Kong
Hong Kong

Boursier.com, publié le lundi 19 août 2019 à 15h02

D'autres manifestations sont prévues dans les prochaines semaines, notamment une nouvelle grève dans différents quartiers de la ville.

Plusieurs centaines de milliers de manifestants ont défilé sous la pluie et dans le calme dimanche à Hong Kong, et la semaine devrait encore être rythmée par plusieurs actions et rassemblements. Dimanche, 1,7 million de personnes étaient dans les rues de Hong Kong selon les organisateurs du rassemblement. La police en a dénombrés seulement 128.000 au parc Victoria, point de départ du défilé, au plus fort de la mobilisation.

Lancé à l'origine contre un projet de loi aujourd'hui suspendu qui aurait autorisé l'extradition de suspects vers la Chine, le mouvement s'est élargi à la défense des libertés garanties par le principe "un pays, deux systèmes", accepté dans le cadre de la rétrocession de l'ex-colonie britannique, en 1997.

Trop d'emprise de Pékin ?

Cette formule reconnaît la souveraineté chinoise sur la "région administration spéciale" tout en garantissant son autonomie et le respect des libertés individuelles. Mais pour de nombreux Hongkongais, Pékin a resserré son emprise sur le territoire et remet en cause ce principe. La contestation exige aussi la démission de la dirigeante de l'exécutif local, Carrie Lam, et une enquête sur les violence policières.

D'autres manifestations sont prévues dans les prochaines semaines, notamment une nouvelle grève dans différents quartiers de la ville. La tension est montée d'un cran la semaine dernière avec l'occupation de l'aéroport international qui a conduit à une suspension partielle du trafic aérien, lundi et mardi. Un millier de vols ont été annulés. Plus de 700 personnes ont été arrêtées depuis le début de la mobilisation il y a plus de onze semaines.

"Influences étrangères"

Pékin a adopté un ton de plus en plus ferme à l'égard des manifestations, et a même accusé des pays étrangers, notamment les États-Unis, d'ingérence - un épisode de plus dans l'épais dossier des tensions sino-américaines. Donald Trump a laissé entendre dimanche que la Maison blanche aimerait d'abord voir Pékin trouver une solution à cette crise avant que les deux pays ne parviennent à un accord commercial.

"J'aimerais que Hong Kong travaille de manière très humanitaire (...) Je pense que ce serait très bon pour l'accord commercial", a-t-il déclaré. Dans un éditorial publié lundi, le 'Quotidien du Peuple', l'organe officiel du Parti communiste chinois (PCC), a de nouveau averti que des influences étrangères cherchaient à attiser le mouvement de contestation.

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