La nomination de Sylvie Goulard à la Commission rejetée

La nomination de Sylvie Goulard à la Commission rejetée©Boursier.com

Boursier.com, publié le jeudi 10 octobre 2019 à 15h08

"Je prends acte de la décision du Parlement européen, dans le respect de la démocratie", écrit Sylvie Goulard sur son compte Twitter jeudi.

Sylvie Goulard a confirmé elle-même les informations du site Politico jeudi. La Française a annoncé sur son compte Twitter qu'elle ne serait finalement pas commissaire européenne, le Parlement ayant rejeté sa nomination.

"Je prends acte de la décision du Parlement européen, dans le respect de la démocratie. Je remercie le président de la République et Ursula von der Leyen (la future présidente de la Commission, NDLR) pour leur confiance et tous les députés qui ont voté pour moi", écrit-elle sur le réseau social.

Sa candidature a été écartée par 82 voix contre 29, précise Politico, qui cite de multiples sources parmi le Parlement européen.

Sylvie Goulard a été victime d'un "jeu politique", a réagi jeudi l'Elysée après le rejet par le Parlement européen de la nomination de la candidate de la France au poste de commissaire au Marché intérieur. Emmanuel Macron va désormais réfléchir aux "suites à donner, dans le respect du portefeuille attribué à la France", a dit la présidence de la République.

La nomination de Sylvie Goulard au poste de commissaire européen au Marché intérieur était compromise depuis la décision des conservateurs du PPE, première force politique du Parlement européen, de voter contre sa candidature. Elle s'est de nouveau heurtée à la défiance d'une partie des eurodéputés, sur ses ennuis judiciaires notamment, lors d'une seconde et ultime audition.

Sous le coup de deux enquêtes

Durant une première audition, le 2 octobre, l'éphémère ministre des Armées d'Emmanuel Macron n'était pas parvenue à lever le scepticisme des élus sur les deux "affaires" qui entachent sa candidature.

L'ancienne députée européenne (2009-2017) est en effet sous le coup de deux enquêtes - une de la justice française et une de l'Office européen de lutte anti-fraude (Olaf) - pour l'affaire des emplois présumés fictifs des eurodéputés MoDem, qui l'avait contrainte à démissionner du gouvernement français en juin 2017 après un mois d'exercice.

Les réserves des députés, qui évoquaient un possible conflit d'intérêts, concernaient aussi son travail de "consultante", entre 2013 et janvier 2016, pour l'institut Berggruen, un "think tank" fondé par le milliardaire américano-allemand Nicolas Berggruen, pour plus de 10.000 euros bruts par mois.

Vos réactions doivent respecter nos CGU.