La pollution coûte très cher à l'Inde

La pollution coûte très cher à l'Inde©Boursier.com

Boursier.com, publié le lundi 22 octobre 2018 à 12h28

La Chine, plus grande puissance économique en Asie, est connue pour être un des gros pollueurs de la planète. Mais l'Inde la rattrape à grands pas : neuf de ses villes figurent dans le dernier classement de l'OMS (Organisation mondiale de la santé) consacré aux dix sites les plus pollués de la planète.

La poussière provoquée par les milliers de chantiers de construction, et les gaz d'échappements des millions de voitures polluent déjà l'atmosphère toute l'année. Le phénomène est amplifié au mois de novembre par les brûlis agricoles (illégaux mais censés préparer les prochaines récoltes), et par les nombreux feux d'artifice tirés pendant la fête de Divali.

Poids sur la croissance

Si des politiques strictes de lutte contre le "smog" étaient appliquées avec succès, les citoyens et le gouvernement indiens seraient bien plus riches, rappelle l'agence de presse Bloomberg. Selon les calculs de la Banque mondiale, les frais de santé et les pertes de productivité dues à la pollution coûtent à l'Inde jusqu'à 8,5% de son PIB, soit 221 milliards de dollars par an.

L'Inde est actuellement l'un des pays à la croissance la plus rapide au monde, mais l'économie chinoise (12,2 milliards de dollars) pèse cinq fois plus lourd. Pékin a d'ailleurs pris conscience du problème, et a lancé plusieurs projets pour combattre la pollution. Le nombre de jours "très malsains" ou pire - quand les niveaux de particules dangereuses appelées PM2.5 dépassent la barre des 200 - est passé de 43 en 2017 à 20 en 2017 à Pékin.

Pas d'élan

La courbe est inversée en Inde, avec 84 jours très malsains en 2017, contre 66 deux ans plus tôt. Les autorités ont mis en place un système d'alerte pour prévenir les pointes de pollution. Le gouvernement de Narendra Modi promeut également l'énergie solaire, et a distribué des millions de réchauds à gaz pour réduire les incendies de cuisine à l'intérieur des maisons. L'Inde essaie aussi d'interdire aux agriculteurs de brûler leurs cultures... Mais dans un pays démocratiquement fragile, où la pauvreté et le chômage sont considérés comme des priorités, la lutte contre la pollution est pour l'instant laissée au second plan.

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