La réforme ferroviaire arrive au Sénat, pas la fin du combat pour les cheminots

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Mobilisation de cheminots devant le Sénat, à Paris, le 29 mai 2018
Mobilisation de cheminots devant le Sénat, à Paris, le 29 mai 2018
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© AFP, JACQUES DEMARTHON

AFP, publié le mardi 29 mai 2018 à 22h41

La réforme ferroviaire est arrivée mardi au Sénat tandis que les syndicats de cheminots ont cherché à maintenir la mobilisation, après deux mois de conflit, pour que le vote des sénateurs attendu le 5 juin ne sonne pas le glas de la contestation.

L'examen au Sénat a commencé en fin d'après-midi. Quelques heures auparavant, plusieurs centaines de cheminots s'étaient rassemblés devant le palais du Luxembourg à l'appel des quatre organisations de la SNCF (CGT, Unsa, Sud, CFDT), en grève depuis début avril aux côtés de FO, représentative dans la branche ferroviaire.

"Le gouvernement voudrait faire du vote au Sénat le 5 juin une fin du débat (...) Pour nous, c'est une formalité, comme l'était le vote à l'Assemblée (en avril en première lecture, ndlr)", a déclaré Laurent Brun, secrétaire général de la CGT cheminots, à des journalistes, en marge d'une rencontre avec des sénateurs du groupe CRCE (à majorité communiste).

Avec "une centaine d'amendements déposés par les sénateurs communistes et une cinquantaine par les sénateurs socialistes", c'est "bien une bataille parlementaire qui s'annonce pour faire le relais de la lutte" contre un "mauvais" projet, a-t-il ajouté, tout en admettant que le projet serait voté.

Au sein de l'hémicycle, les sénateurs du groupe CRCE, à majorité communiste, qui se veut le relai des cheminots en grève, ont demandé sans illusion l'arrêt de l'examen du texte par une question préalable qui a été rejetée.

"Les cheminots défendent leur outil de travail et une certaine vision du service public ferroviaire. Il faut les entendre", a plaidé la présidente du groupe Éliane Assassi. "Pour nous, ils sont les premiers de cordée, ceux qui défendent ce qui fait notre commun, les services publics".

le rapporteur Michel Vaspart (LR) a estimé "normal et même indispensable" un engagement fort de l'entreprise et de son personnel alors que la reprise de 35 milliards d'euros de dette annoncée par le gouvernement "sera in fine payée par le contribuable".

Les syndicats CGT, Unsa, SUD et CFDT se sont réunis dans l'après-midi pour analyser les rencontres bilatérales avec Édouard Philippe, vendredi dernier, où le Premier ministre a annoncé une reprise de la dette à hauteur de 35 milliards d'euros.

"Toujours mobilisés, tous les quatre ensemble", ils ont décidé d'écrire conjointement au Premier ministre "sur les points à négocier" et de prévoir, "autour de la mi-juin", une nouvelle mobilisation "importante et marquante, du même type" que la journée "sans cheminots" du 14 mai, a déclaré à l'issue de la réunion Bruno Poncet, représentant de Sud Rail.

- Contre des amendements miracles -

Mardi matin, la direction de la SNCF a recensé 14,41% de grévistes, légèrement plus que la veille où le taux était tombé à son plus bas niveau (13,97%) en semaine depuis le lancement de la grève par épisodes.

Alors que la mobilisation plafonne autour de 15% au global depuis trois semaines, elle reste toutefois importante chez les conducteurs (51,4%) et contrôleurs (46,7%). 

Le trafic est resté perturbé avec deux TGV sur trois en circulation, un TER et Intercités sur deux, ainsi que trois Transilien sur cinq, selon la SNCF.

Pour la journée de mercredi, la SNCF prévoit un "retour progressif à la normale" mais des perturbations pourraient "subsister en début de matinée", avec 4 Transilien sur 5, 9 TER sur 10 et 9 Intercités sur 10, et un trafic "normal" sur les lignes internationales et les TGV.

Avant le rassemblement parisien, entre 150 et 200 cheminots avaient bloqué dans la matinée l'entrée d'un entrepôt de Geodis, filiale de la SNCF spécialisée dans le transport routier et la logistique à Miramas (Bouches-du-Rhône).

Les sénateurs ont favorisé en commission le volontariat pour le transfert vers des opérateurs privés et permis, pendant une période déterminée, aux salariés réembauchés dans le groupe public ferroviaire de bénéficier à nouveau du statut.

Cela reste toutefois nettement insuffisant pour certains syndicats, comme SUD-Rail qui "met en garde ceux qui voudraient faire croire à des amendements miracles, bradant les revendications des cheminots en grève depuis le 3 avril".

"Les sénateurs vont confirmer la fin du statut (des cheminots) en 2020, l'ouverture à la concurrence dès 2019, la transformation publique de SNCF en plusieurs sociétés anonymes", affirme le 3e syndicat de la SNCF, mardi dans un tract où il appelle les cheminots à "ne pas se laisser abuser par la stratégie de fin de conflit orchestrée par le gouvernement, la direction et d'autres".

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