La région Bretagne propose de soutenir le volailler Doux

La région Bretagne propose de soutenir le volailler Doux©Boursier.com

Boursier.com, publié le lundi 26 mars 2018 à 21h12

En difficultés financières récurrentes depuis de longues années, le spécialiste du poulet Doux, dont la liquidation judiciaire devrait être prononcée début avril, parviendra-t-il à renaître une nouvelle fois de ses cendres ?

Lundi, le groupe a reçu un signal positif de la part de la région Bretagne, qui se dit prête à injecter jusqu'à 15 millions d'euros dans le capital du spécialiste de l'exportation de poulets congelés, basé à Châteaulin dans le Finistère. Doux emploie quelque 1.200 personnes après avoir été contraint de supprimer un millier de postes en 2012.

Accompagner le projet de reprise de l'ukrainien MHP

Les élus régionaux ont ainsi voté à l'unanimité en faveur d'une telle mesure, proposée par le président socialiste de la région, Loïg Chesnais-Girard, a précisé un communiqué. La région souhaite ainsi accompagner un éventuel projet de reprise de Doux, qui a été approché par une société ukrainienne, MHP, en vue dune reprise partielle.

"Avec la possibilité que nous avons, depuis octobre dernier, d'entrer au capital d'une entreprise privée, nous disposons désormais de tous les moyens pour prendre nos responsabilités", a expliqué Loïg Chesnais-Girard. "Mes priorités sont d'une part, l'emploi des salariés et des éleveurs en Bretagne, d'autre part, la structuration d'une filière pérenne en France", a-t-il ajouté dans le communiqué.

Une perte annuelle de 35 millions d'euros

En mars 2016, Doux est entré dans le giron de Terrena, deuxième groupe coopératif agricole français. Mais le volailler a encore perdu plus de 35 millions d'euros par an selon Terrena, qui a fait savoir début mars qu'elle ne pourrait pas soutenir "éternellement" le groupe.

Vendredi dernier, la direction de Doux avait annoncé aux délégués syndicaux qu'elle allait demander prochainement son placement en liquidation judiciaire. Selon les syndicats, le tribunal de Commerce de Rennes étudiera cette demande le 3 avril et rendra sa décision le lendemain, dans le cadre d'une procédure accélérée.

Mercredi soir, date-butoir pour le dépôt d'une offre

MHP, qui se présente comme le leader de la volaille en Ukraine, dispose jusqu'à mercredi minuit pour déposer une offre de reprise. Si l'offre de reprise de MHP est retenue, elle pourrait prendre effet dès la mi-mai avec, à terme, la délocalisation de la production de poulets standards en Ukraine, selon les syndicats de Doux. MHP n'a en outre pas l'intention de reprendre le site de Chantonnay (Vendée), qui emploie 300 personnes dont 150 intérimaires.

Quant au site de Châteaulin (dans le Finistère), il serait repris, mais ne conserverait à terme que la production de poulets frais haut de gamme, qui ne représente aujourd'hui qu'une toute petite partie de son activité, ont fait savoir les syndicats.

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