La sécurité du réseau ferré épinglée dans un rapport

La sécurité du réseau ferré épinglée dans un rapport©Boursier.com

Boursier.com, publié le mercredi 21 août 2019 à 14h44

Un document "confidentiel" de l'Etablissement public de sécurité ferroviaire (EPSF) constate des cas récurrents d'anomalies constatées par la SNCF mais non traitées dans les délais réglementaires.

La ministre des Transports, Elisabeth Borne, s'est voulue rassurante mercredi au sujet de la sécurité du réseau ferré en France. 'Le Parisien' a révélé un rapport d'audit évoquant la persistance de problèmes de maintenance comparables à ceux ayant provoqué l'accident meurtrier de Brétigny-sur-Orge (Essonne), qui avait fait sept morts et des dizaines de blessés le 12 juillet 2013.

D'après le quotidien, un rapport "confidentiel" de l'Etablissement public de sécurité ferroviaire (EPSF) constate "un écart majeur sur le niveau de maîtrise du processus de maintenance de l'infrastructure" et relève des cas récurrents d'anomalies constatées par la SNCF mais non traitées dans les délais réglementaires.

Anomalies de signalisation

Selon ce document d'une centaine de pages, rédigé à la suite d'une enquête menée entre fin avril et mai 2019, 413 anomalies de signalisations électriques ont été repérées par la SNCF et pouvaient avoir un impact sur la sécurité des circulations. Au total, "80, soit près de 20%, ont été traitées hors des délais réglementaires. Une trentaine n'était d'ailleurs toujours pas réparée lors du contrôle. Certaines affichaient même un an de retard !", écrit 'Le Parisien'.

Fils rongés par des rats, câbles défectueux... "On dirait que nous n'avons rien appris de l'accident de Denguin", s'agace un cadre de la SNCF interrogé par le journal. Il y a cinq ans, une collision entre un TER et un TGV avait fait une trentaine de blessés dans cette commune des Pyrénées-Atlantiques. Des fils électriques avaient été dénudés par des rongeurs...

"On va tous être vigilants"

"S'il y avait un problème de sécurité immédiat, l'EPSF aurait arrêté un équipement, arrêté une circulation", a estimé Elisabeth Borne sur RTL. "Mais évidemment on va tous être vigilants (...) à ce que les correctifs soient apportés à court terme, à moyen terme, que toutes ces insuffisances trouvent des réponses", a-t-elle déclaré.

La ministre des Transports - désormais également en charge de la Transition écologique et solidaire à la suite du départ de François de Rugy - a imputé cette situation à des "décennies de sous-investissements et de tout TGV".

Elle a souligné que la réforme ferroviaire, définitivement adoptée par le Parlement en juin 2018, prévoyait de porter les investissements pour le réseau à "3,6 milliards d'euros par an (soit) 50% de plus que ce qui se faisait au cours de la dernière décennie".

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