La SNCF doit encore réduire les emplois, selon la Cour des comptes

La SNCF doit encore réduire les emplois, selon la Cour des comptes©Boursier.com

Boursier.com, publié le lundi 18 novembre 2019 à 16h29

Pour faire face à l'ouverture à la concurrence, la SNCF devra revoir au plus vite "son modèle social" et gagner en productivité, estime la Cour dans un rapport publié lundi.

A quelques semaines de la grève interprofessionnelle prévue le 5 décembre prochain, la Cour des comptes s'est intéressée à la gestion des ressources humaines du groupe public ferroviaire... Dans un rapport publié lundi, les magistrats de la Rue Cambon ont indiqué que la SNCF avait déjà réduit d'environ 6.000 équivalents temps plein (ETP) les effectifs du groupe entre 2012 et 2017, soit 1.200 par an.

"Cet effort reste cependant encore limité du fait de la mise en oeuvre trop lente des programmes de transformations technologiques (notamment pour SNCF Réseau), des demandes de la part des autorités organisatrices de transport d'un accroissement de l'offre et des services, et du recours important à d'autres moyens (intérim, heures supplémentaires)", peut-on lire dans le rapport.

La Cour recommande au groupe, qui sera transformé en plusieurs sociétés anonymes dès 2020, de poursuivre sa politique de réduction des emplois, en supprimant au minimum 2.000 ETP par an, soit le même rythme qu'en 2017.

La mauvaise gestion de la masse salariale

Le rapport pointe du doigt la gestion de la masse salariale, en rappelant notamment que le système de rémunération est fondé principalement sur l'ancienneté. Il laisse ainsi peu de place à l'appréciation du mérite des employés. "Quant à l'échelon, il est totalement lié à l'ancienneté indépendamment de la fonction occupée et de la grille salariale", ajoute la Cour des comptes.

Par ailleurs, les primes seraient la plupart du temps accordées de manière fixe. "Les moyens pour rémunérer la performance individuelle ou collective apparaissent de ce fait limités et ne représentent qu'environ 3% de la totalité de la rémunération", note l'étude.

Ce modèle salarial conduirait alors à des hausses de frais de personnels "d'au moins 2% par an", selon les calculs de la Cour des comptes, qui précise que la masse salariale a augmenté de 7,6% en cinq ans.

Une trop faible productivité

La mauvaise gestion du groupe aurait également entraîné des manques de productivité. "La rigidité de l'organisation du travail, l'inadaptation des règles à certains métiers et certaines activités et le sous-emploi de certains personnels conduisent à des pertes de moyens importants", affirme la Cour. Ces pertes sont aussi liées aux personnels ayant négocié des accords sociaux qui leur sont favorables, comme les temps incomplets, les forfaits jours ou le compte épargne temps.

Par ailleurs, le taux d'absentéisme aurait progressé de 10% en cinq ans, passant de 17,62 jours d'arrêt par agent en 2012 à près de 19 jours en 2017. Selon le rapport, cette problématique est loin d'être négligeable, car "le coût de l'augmentation du taux d'absentéisme de plus d'un jour par agent en cinq ans peut être évalué à plus de 700 emplois".

La Cour des comptes préconise notamment de rénover en profondeur "l'accord d'entreprise sur l'organisation du travail" et de développer la polyvalence "en définissant des référentiels métiers plus larges".

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