La SNCF en grève jusqu'au 28 juin, c'est possible ?

La SNCF en grève jusqu'au 28 juin, c'est possible ?
Gare Saint-Lazare Paris

Boursier.com, publié le vendredi 16 mars 2018 à 10h29

Les syndicats de la SNCF sont parvenus jeudi soir à un accord sur une riposte commune au projet de réforme de la SNCF... A l'issue d'une réunion de plus de deux heures de l'intersyndicale, les quatre organisations représentatives à la SNCF (CGT, Unsa, CFDT, SUD-rail) ont appelé le personnel de la société ferroviaire à faire grève juste après le week-end de Pâques, pendant "2 jours sur 5 à compter du 3 avril", et ce jusqu'au jeudi... 28 juin prochain !

Conflit "intensif sur une très longue durée"

"L'intersyndicale constate que le gouvernement n'a aucune volonté de négocier" et "prend la responsabilité (d'un) conflit intensif sur une très longue durée", a déclaré Laurent Brun de la CGT Cheminots à l'issue de la réunion.

S'ils ont lancé cet appel en commun, tous les syndicats ne partagent pas les mêmes revendications : la CGT et SUD-rail sont totalement opposés à l'ouverture à la concurrence, alors que l'Unsa et la CFDT sont prêtes à négocier les modalités.

En revanche, toutes les organisations syndicales considèrent la fin du statut de cheminot pour les nouveaux embauchés comme un casus belli. A ce sujet, même les deux syndicats "réformateurs" ont exprimé leur déception à l'issue des réunions de concertation avec la ministre des Transports Elisabeth Borne.

Arrêt prévu des recrutement au statut de cheminot

Les syndicats déplorent l'absence de marge de négociation dans le projet de loi qui sera entériné par ordonnances. Le conseil des ministres a examiné mercredi la loi d'habilitation qui permet au gouvernement de procéder à cette réforme par ordonnances.

Outre la suppression du statut des cheminots pour les nouveaux arrivants, la réforme prévoit l'ouverture totale du rail à la concurrence d'ici à 2020, et la modification du statut de la SNCF qui passera d'établissement public à société par actions.

Jeudi matin, le PDG de la SNCF, Guillaume Pépy, a remis à la ministre des Transports, Elisabeth Borne, un "programme de travail" contenant sept piliers, bases du "projet stratégique" qu'il doit présenter en juillet. Le texte confirme notamment "l'arrêt des recrutements au statut (de cheminot) des nouveaux agents".

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