La SNCF recevra "plusieurs milliards d'euros" de l'Etat, annonce Jean-Baptiste Djebbari

La SNCF recevra "plusieurs milliards d'euros" de l'Etat, annonce Jean-Baptiste Djebbari
Jean-Baptiste Djebbari, ministre délégué aux Transports.

Boursier.com, publié le jeudi 23 juillet 2020 à 10h46

Le gouvernement va venir en aide à la compagnie ferroviaire, confrontée à un lourd manque à gagner en raison notamment de la crise sanitaire...

Le gouvernement avait indiqué mi-juin qu'un "geste financier" sera accordé à la SNCF pour l'aider à faire face à la perte de recettes liée à la crise sanitaire. Dans un entretien accordé au 'Figaro' ce jeudi, le ministre délégué aux Transports Jean-Baptiste Djebbari a confirmé que l'Etat viendra en aide à la compagnie ferroviaire, qui n'a pas retrouvé son activité habituelle depuis le déconfinement...

"Nous avons déjà fait plusieurs choses en la matière. En apportant la garantie d'Etat, nous avons permis à la SNCF d'emprunter 1,2 milliard d'euros sur les marchés. Par ailleurs, le groupe ferroviaire a bénéficié des dispositifs de droit commun. Le salaire d'un cheminot sur trois a pu être pris en charge par l'Etat au titre de l'activité partielle. De ce fait, la SNCF n'a pas de problème de trésorerie", a-t-il d'abord expliqué.

"Mais, l'Etat va l'aider à hauteur de plusieurs milliards d'euros. Le président de la République a insisté le 14 juillet sur son ambition en matière de transport ferroviaire, qu'il s'agisse de la relance du fret, des petites lignes et du train de nuit", a ajouté le ministre délégué aux Transports, précisant avoir déjà proposé au Premier ministre "de baisser les péages pour les entreprises qui opèrent sur le réseau national".

"Plusieurs options sont sur la table"

En effet, dans le cadre de sa politique de transition écologique, Emmanuel Macron avait dit vouloir "redévelopper le fret ferroviaire massivement", "les trains de nuit", "les petites lignes de train, parce que tout cela permet de faire des économies, permet de réduire nos émissions". Jean-Baptiste Djebbari a évoqué plusieurs options "sur la table : la recapitalisation du groupe ou la reprise d'une part complémentaire de la dette, par exemple".

"Les arbitrages ne sont pas encore rendus. À ce stade, nous travaillons des pistes et en discutons avec la SNCF. Mais, si l'Etat investit des sommes considérables, il attend en retour que la SNCF ait une performance économique, environnementale et sociale de haut niveau", a-t-il expliqué.

Il ajoute que l'objectif est que "d'ici 10 ans, le réseau ferroviaire soit modernisé ; de telle sorte que l'on puisse faire circuler sans accroc des trains de voyageurs, de jour comme de nuit, ainsi que des trains de marchandises. Pour cela, il faut maintenir le cap de la réforme de 2018".

Rénovation du matériel roulant existant

La position gouvernementale est claire : continuer sur la voie d'"un investissement de plusieurs milliards d'euros par an jusqu'en 2022 pour régénérer le réseau ferré", a détaillé le ministre délégué. "En même temps, une aide suffisamment forte pourrait permettre à la SNCF de revenir à l'équilibre dans les meilleurs délais. En clair, il s'agit de ne pas se remettre à fabriquer de la dette", a-t-il ajouté.

Il indique que l'Etat financera d'abord "la rénovation du matériel roulant existant avant d'envisager l'achat de nouvelles rames pour développer un réseau européen plus vaste à plus long terme". Pour les "petites lignes", il assure également que "des cofinancements conséquents pour rénover un maximum d'autres lignes" continueront d'être mobilisés.

Mi-juin, le patron de la SNCF Jean-Pierre Farandou avait calculé les pertes. Dans un entretien au 'Journal du Dimanche', il avait ainsi estimé que la crise du Covid-19 devrait coûter près de 4 milliards d'euros de chiffre d'affaires de son entreprise. Si l'on ajoute celle liée aux grèves contre la réforme des retraites, évaluée à un milliard d'euros, la perte pour la SNCF est de quelque 5 milliards d'euros depuis décembre dernier.

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