La transformation de l'ISF en IFI adoptée par l'Assemblée Nationale !

La transformation de l'ISF en IFI adoptée par l'Assemblée Nationale !
Appartement haussmannien à Paris

Boursier.com, publié le vendredi 20 octobre 2017 à 21h30

L'Assemblée nationale a adopté vendredi soir la mesure sans doute la plus controversée du projet de budget 2018, à savoir la transformation de l'Impôt de solidarité sur la fortune (ISF) en un Impôt sur la fortune immobilière (IFI), dont l'assiette sera limitée aux biens immobiliers.

La majorité La République en marche-MoDem mais aussi Les Républicains et les Constructifs ont voté pour, tandis que les trois groupes de gauche - La France insoumise, Gauche démocrate et républicaine et Nouvelle Gauche (ex-PS) - ont voté contre la création de l'IFI.

Les 100 Français les plus riches payaient 126 ME d'ISF

L'ISF est acquitté actuellement par 350.000 foyers dont le patrimoine net est supérieur à 1,3 million d'euros. Il sera donc remplacé par l'IFI, qui démarrera au même seuil de 1,3 ME et sera taxé aux mêmes taux que l'ISF. En revanche, son assiette sera désormais réduite au patrimoine immobilier (sans les actions, obligations, comptes d'épargne, lingots d'or...)

Le nouvel IFI ne devrait rapporter que 900 millions d'euros par an, contre environ 4 milliards par an pour l'ISF, ce qui fait dire à ses détracteurs qu'il est un cadeau aux contribuables les plus riches. Interpellé sur ce thème, le ministre de l'Economie Bruno Le Maire a donné vendredi des précisions chiffrées. "Les 100 premiers contributeurs à l'ISF paient 126 millions d'euros, les 100 premiers patrimoines paient 73 millions d'euros d'ISF", a ainsi déclaré le ministre pendant le débat à l'Assemblée nationale.

La chute d'un "totem idéologique"

La différence entre les 126 millions d'euros d'ISF dont s'acquittent les 100 premiers contributeurs et les 73 millions payés par les plus gros patrimoines prouve "que l'ISF est non seulement inefficace mais qu'il est injuste, parce que les plus gros patrimoines français ne paient pas l'ISF et arrivent par optimisation fiscale à y échapper", a-t-il expliqué dans son argumentaire.

Bruno Le Maire a salué le vote de vendredi soir, se félicitant de la chute d'"un totem idéologique vieux de 35 ans, qui était devenu inefficace et complexe".

Emmanuel Macron avait proposé la création de l'IFI dans son programme électoral, afin de pénaliser la rente et de favoriser la richesse créée par le travail et la prise de risques.

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