La trêve hivernale des expulsions repoussée au 1er juin

La trêve hivernale des expulsions repoussée au 1er juin
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Boursier.com, publié le mardi 02 février 2021 à 16h25

En 2020, déjà à cause de la crise sanitaire, elle avait été repoussée de plus de trois mois.

L'objectif est d'éviter une envolée des expulsions, dans le contexte de la crise sanitaire. Le gouvernement a décidé repousser la fin de la trêve hivernale, qui est donc reportée au 1er juin. "Je peux vous annoncer que la fin de la trêve est repoussée de deux mois et prendra fin le 1er juin au lieu du 1er avril", a annoncé Emmanuelle Wargon dans une interview accordée au 'Parisien' lundi soir.

En 2020 déjà, à cause de la pandémie, la trêve avait été repoussée de plus de trois mois.

Trêve sur les coupures d'énergie

Le gouvernement a également arbitré une trêve sur les coupures d'énergie en raison de factures de chauffage impayées. Par ailleurs, le fonds d'indemnisation des propriétaires-bailleurs victimes d'impayés va être augmenté, et l'harmonisation des aides se fera à l'échelon national plutôt que départemental.

"Cet allongement est nécessaire compte tenu de la crise. De toute façon, la force publique ne pourrait pas gérer un si grand nombre d'expulsions et cela poserait un gros problème social. Il est important de donner une nouvelle chance aux foyers en difficulté", a expliqué Emmanuelle Wargon au 'Parisien'.

30.000 ménages expulsés cette année ?

Ces annonces interviennent en marge de la présentation du 26ème rapport de la Fondation Abbé Pierre sur "L'État du mal-logement en France". L'association observe une explosion du nombre des impayés, et s'inquiète d'une bombe à retardement. "A la fin de la trêve, le risque est (...) que ces expulsions temporairement suspendues soient exécutées et viennent s'ajouter au volume d'expulsions annuelles, ce qui pourrait concerner au total 30.000 ménages", s'alarme Christophe Robert, le délégué général de la fondation.

Ce prolongement est donc une bonne nouvelle selon lui. "Mais à condition d'indemniser les propriétaires et de vraiment mettre à profit ce temps pour aller au-devant des personnes en difficulté, comprendre où elles en sont, les aider à ouvrir des droits, à trouver si besoin une solution de relogement... Sinon, cela ne fera que reculer quelque peu l'échéance".

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