La Turquie veut maintenir un régime de changes libres, malgré le plongeon de sa devise

La Turquie veut maintenir un régime de changes libres, malgré le plongeon de sa devise
Des gens attendent devant un bureau de changes à Ankara, le 20 mars 2021. Le ministre turc des Finances a affirmé lundi que son pays maintiendra un régime de changes libres, en dépit d'un plongeon spectaculaire de la livre ...

AFP, publié le lundi 22 mars 2021 à 08h04

Le ministre turc des Finances a affirmé lundi que son pays maintiendra un régime de changes libres, en dépit d'un plongeon spectaculaire de la livre turque après le limogeage du gouverneur respecté de la Banque centrale.

Le ministre turc des Finances a affirmé lundi que son pays maintiendra un régime de changes libres, en dépit d'un plongeon spectaculaire de la livre turque après le limogeage du gouverneur respecté de la Banque centrale.

"Nous ne ferons aucune concession en ce qui concerne le mécanisme du libre marché et maintiendrons un régime de changes libres", a affirmé le ministre, Lütfi Elvan, dans un communiqué.

"Nous maintiendrons notre politique économique jusqu'à ce qu'on arrive à une baisse durable du taux d'inflation", a-t-il ajouté, affirmant que les réformes économiques mises en œuvre par le gouvernement  renforceront "nos bases structurelles ainsi que notre résilience face aux chocs éventuels."

La livre turque a plongé de plus de 17% face au dollar tôt lundi sur les marchés des changes, inquiets du récent limogeage du chef de la banque centrale Naci Agbal, un ancien ministre des Finances respecté, par le président Recep Tayyip Erdogan.

La devise turque s'est échangée jusqu'à 8,47 livres pour un dollar lundi en début de matinée en Asie, contre 7,22 livres pour un dollar en fin de semaine dernière. Elle s'est reprise quelque peu par la suite, remontant à 7,8 livres peu après 06H00 GMT.

M. Agbal avait été limogé tard vendredi dans un décret présidentiel qui n'avançait pas de motif officiel, mais intervenait deux jours après un fort relèvement du principal taux directeur par la banque centrale, une mesure de lutte contre l'inflation saluée par les marchés. Il n'était en poste que depuis cinq mois. 

Le président Erdogan, partisan d'une forte croissance alimentée par des crédits bon marché, a toujours exprimé son opposition aux taux d'intérêt élevés.

Il les qualifie ainsi régulièrement de "père et mère de tous les maux" et affirme, à rebours des théories économiques classiques, qu'ils favorisent l'inflation.

M. Agbal a été remplacé par Sahap Kavcioglu, un économiste et ancien député du parti au pouvoir, une nomination qui inquiète les investisseurs et jette le doute sur l'indépendance future de la banque centrale.

Le nouveau gouverneur s'est engagé dès dimanche à prendre les mesures nécessaires pour lutter contre l'inflation.

"La Banque centrale de Turquie va continuer d'utiliser tous ses instruments de politique monétaire avec efficacité afin d'atteindre son objectif: une baisse durable de l'inflation", a déclaré M. Kavcioglu dans un communiqué.

La hausse de l'inflation en Turquie ces dernières années, couplée à l'érosion de la livre turque, a entamé la popularité du président Erdogan.

En février, l'inflation s'élevait à 15,6% en rythme annuel.

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