LafargeHolcim : l'ex-patron mis en examen dans le dossier syrien !

LafargeHolcim : l'ex-patron mis en examen dans le dossier syrien !©Boursier.com
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Boursier.com, publié le vendredi 08 décembre 2017 à 00h31

L'enquête judiciaire s'accélère dans l'affaire du financement présumé par le cimentier Lafarge de groupes djihadistes en Syrie. Après la mise en examen de trois responsables du groupe la semaine dernière, l'ex-directeur général de LafargeHolcim, Eric Olsen, a été a son tour mis en examen jeudi dans cette enquête... Les chefs retenus contre lui sont ceux de financement d'une entreprise terroriste et mise en danger de la vie d'autrui. M. Olsen a été placé sous contrôle judiciaire (avec un cautionnement).

Eric Olsen, qui était DRH puis directeur général adjoint de Lafarge (devenu LafargeHolcim  en 2015) à l'époque des faits, en 2013 et 2014, avait été placé en garde à vue mercredi avec deux autres responsables du groupe : Bruno Lafont, PDG de Lafarge de 2007 à 2015, et Christian Herrault, ancien DG adjoint chargé de plusieurs pays dont la Syrie.

Les gardes à vue de MM. Lafont et Herrault étaient toujours en cours jeudi soir, a précisé une source judiciaire à l'agence 'AFP'.

Eric Olsen, qui avait pris les commandes du groupe lors de la fusion entre Lafarge et Holcim en 2015, avait été contraint à la démission au printemps 2017 dans le sillage de cette affaire syrienne.

"Financement du terrorisme" et "mise en danger d'autrui"

La semaine dernière, trois cadres de Lafarge ont été mis en examen pour "financement du terrorisme" et "mise en danger d'autrui". Il s'agit de deux anciens directeurs de Lafarge Syrie, Bruno Pescheux, directeur de l'usine de 2008 à 2014, et Frédéric Jolibois, à la tête du site à partir de l'été 2014, ainsi que de Jean-Claude Veillard, directeur sûreté chez Lafarge, et toujours salarié de LafargeHolcim.

La justice s'attache à déterminer si le cimentier a versé de l'argent entre 2011 et 2014 à des groupes djihadistes, dont l'organisation Etat islamique (EI), pour continuer à faire fonctionner son usine syrienne en pleine guerre civile.

Lafarge est aussi accusé d'avoir acheté du pétrole auprès de l'EI, en violation de l'embargo décrété par l'Union européenne en 2011, et d'avoir mis en danger ses salariés locaux...

Des versements à des factions armées, selon un rapport d'audit

Selon un rapport rédigé à la demande de Lafarge par le cabinet américain Baker McKenzie, cité par l''AFP', de juillet 2012 à septembre 2014, la filiale syrienne (Lafarge Cement Syria, LCS) a versé environ 5,6 millions de dollars à diverses factions armées dont plus de 500.000 dollars à l'organisation d'Abou Bakr al-Baghdadi, le chef de l''organisation EI.

Il est aussi reproché à LCS de ne pas avoir assuré la sécurité de ses employés syriens, restés seuls sur place alors que la direction de l'usine avait quitté la Syrie à l'été 2012 et que, quelques mois plus tard, les expatriés avaient été évacués par vagues successives...

 
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