Lait contaminé: l'association des victimes demande la fermeture définitive de l'usine de Craon

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Les familles de victimes du lait contaminé Lactalis demandent la fermeture définitive de l'usine Lactalis de Craon (Mayenne)
Les familles de victimes du lait contaminé Lactalis demandent la fermeture définitive de l'usine Lactalis de Craon (Mayenne)
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© AFP, DAMIEN MEYER

AFP, publié le jeudi 08 novembre 2018 à 19h11

Les familles de victimes du lait contaminé Lactalis demandent la fermeture définitive de l'usine Lactalis de Craon (Mayenne) après l'étude de documents qui font état de la présence de longue date de salmonelles non recherchées jusqu'à présent et susceptibles d'avoir contaminé d'autres enfants.

"L'usine de Craon doit fermer définitivement au vu de la présence d'une dizaine de type de salmonelles pendant plus de dix ans, de l'incompétence de Lactalis pour les anéantir et des services de l'Etat d'assurer les contrôles nécessaires pour garantir des produits sains", affirme le président de l'association des familles victimes du lait contaminé (AFVLCS), Quentin Guillemain, dans un communiqué. Il s'appuie sur des documents fournis par la préfecture de la Mayenne.

Dans un communiqué, Lactalis a démenti "fermement" les accusations portées à son encontre.

Sur l'ensemble des autocontrôles effectués dans cette usine par Lactalis depuis 2005, "une centaine sont positifs aux salmonelles entre 2005 et 2017, dont une dizaine sur des produits eux-mêmes dont on ne sait pas ce qu'ils sont devenus", a affirmé à l'AFP M. Guillemain. "On a potentiellement rendu malades des enfants sans que personne ne soit informé", a-t-il regretté.

"Lactalis rappelle que ces analyses concernent uniquement l'environnement du site sur les dix dernières années et en aucun cas les produits finis et commercialisés", affirme le groupe.

"On en a eu quelques unes (des salmonelles, ndlr) dans les produits mais elles ont été détectées avant la mise en boîte. Ca a été vu normalement avec les autorités et ça n'a jamais été commercialisé", a affirmé à l'AFP Michel Nalet, directeur de la communication du groupe mayennais. "Jamais Lactalis n'aurait commercialisé des produits avec de tels risques pour les consommateurs", a encore assuré M. Nalet. 

Jusqu'à présent, la salmonelle recherchée était la salmonella agona. Mais, insiste le président de l'AFVCLS qui compte 800 adhérents, la présence d'une "dizaine d'autres types de salmonelles", autres que la agona, a été identifiée lors de ces autocontrôles. A ce sujet, "personne n'a fait d'analyses pour vérifier que des enfants n'avaient pas été contaminés", souligne-t-il.

    - "d'autres salmonelles"-

En janvier dernier, dans un entretien avec Les Échos, le patron de Lactalis, Emmanuel Besnier, avait dit "ne pas pouvoir exclure que des bébés aient consommé du lait contaminé" entre 2005 et 2017, puisque des salmonelles ont été trouvées "dans l'environnement" de l'usine durant cette période, sans préciser qu'il s'agissait ou pas de salmonelles agona.

"Nous avons reçu en début d'année 2018 des analyses de selles d'enfants suite à un appel à témoins que nous avions lancé auprès des familles fin 2017 et dans ces anayses figurent d'autres types de salmonelles (que la agona NDLR) qui sont dans la liste des bactéries retrouvées lors des autocontrôles faits par Lactalis", a ajouté M. Guillemain à l'AFP.

Mais, déplore Jade Dousselin, avocate de l'association, "l'enquête judiciaire ne se préoccupe que des salmonelles agona alors que j'ai déposé plainte avec d'autres stéréotypages d'autres salmonelles (...) L'Etat n'a pas bien fait son travail alors qu'il avait connaissance de la présence d'autres salmonelles".

Suite au scandale lié à la contamination à la salmonelle agona, Lactalis avait été contraint d'arrêter sa production à l'usine de Craon en décembre 2017 et de rappeler en janvier dernier l'ensemble de la production de lait infantile de cette usine, distribuée dans 83 pays. Lactalis assure que le phénomène de contamination a "toujours été limité à la tour 1" de l'usine qui a été depuis définitivement fermée. La tour 2 a repris en juillet dernier.

Les salmonelloses sont des intoxications alimentaires allant de la gastroentérite bénigne à des infections plus graves, notamment pour les jeunes enfants, les personnes âgées ou affaiblies.

En octobre dernier, le pôle santé publique du parquet de Paris a ouvert une information judiciaire contre x dans cette affaire.

De son côté, Lactalis rappelle qu'il "collabore pleinement" à la procédure judiciaire en cours et "appelle à la plus grande prudence quant à l'instrumentalisation de faits erronés".

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