Le boom de l'intérim, signe de reprise ou flexibilité accrue de l'emploi ?

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 Une agence d'intérim à Nantes, le 23 novembre 2017

Une agence d'intérim à Nantes, le 23 novembre 2017

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© AFP, LOIC VENANCE
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AFP, publié le mardi 12 décembre 2017 à 15h46

Trimestre après trimestre, les rangs de l'intérim grossissent en France. Faut-il y voir le signe d'une reprise économique ou le marqueur d'une flexibilité accrue du marché du travail ?

Le palier des 700.000 emplois intérimaires est franchi depuis mi-2017, ont confirmé le ministère du Travail et l'Insee mardi. L'intérim représente environ 3% de l'emploi salarié en France et ses effectifs sont plus élevés qu'avant la crise de 2008.

En un an, la hausse est de 15,9%, soit environ 100.000 intérimaires supplémentaires. Depuis début 2015, ce sont 195.000 emplois intérimaires qui ont été créés, ce qui représente près d'un nouveau poste sur trois.

Préparateur de commande, conseiller clientèle, monteur automobile, mais aussi surveillant d'examen à l'université Paris V pour une semaine en janvier... Les annonces d'intérim affluent sur les sites internet et dans les agences de travail temporaire.  

Traditionnellement, l'industrie et le bâtiment sont très demandeurs d'intérimaires, et notamment d'emplois masculins. 

"Comme nous sommes en période de reprise, ce n'est pas étonnant que l'intérim redécolle. Les intérimaires sont en général les premiers à bénéficier de la reprise et les premiers à partir quand la conjoncture est difficile", explique à l'AFP Gregory Verdugo, maître de conférence en économie à l'université Paris I et auteur du livre "Les nouvelles inégalités au travail".

"Comme les chefs d'entreprise n'ont pas suffisamment de visibilité, ils commencent par prendre de l'intérim et, si cela se confirme, ils prennent des CDI", dit François Roux, délégué général de Prism'Emploi, le patronat de l'intérim. 

"Cela coûte moins cher aux entreprises et elles peuvent s'ajuster plus vite", notamment quand "les CDI sont plus protégés", affirme M. Verdugo. 

Il existe d'ailleurs, depuis 2014, un "CDI intérimaire", qui garantit un salaire entre deux missions, payé par l'entreprise de travail temporaire qui emploie l'intérimaire. Fin décembre, le chiffre de 25.000 contrats devrait être atteint.  

- 'Effet tremplin' vers le CDI -

Reste à mesurer si ce type de contrat est choisi ou subi.

Depuis 1995, la part des moins de 30 ans chez les intérimaires est passée de 60% à 40% ce qui signifie "qu'il y a de plus en plus d'individus plus âgés qui se tournent vers l'intérim", déclare M. Verdugo. "On ne sait pas dire si c'est une contrainte ou un choix", ajoute-t-il. 

Une tendance observée dans les agences. "On a de plus en plus de seniors qui ont du mal à trouver des CDI dans les entreprises, comme ça, ils peuvent compléter leurs trimestres de retraite et, bien souvent, ils aiment la liberté de l'intérim", assure M. Roux. 

En ce qui concerne les jeunes, le Cereq (Centre d'études et de recherche sur les qualifications) a récemment souligné "des conditions d'embauche détériorées", évoquant à la fois CDD, contrats aidés et travail intérimaire.

Selon son enquête "Génération 2013", parmi les jeunes ayant travaillé durant leurs trois premières années de vie active, 22% ont effectué au moins une mission d'intérim. Ce type de contrat constitue une première expérience professionnelle pour 15% des jeunes qui ont connu au moins un emploi. 

Hélène Couprie, maître de conférence en économie à l'université de Cergy-Pontoise et co-auteure d'une autre étude publiée par le Cereq, rappelle que "la part des intérimaires dans l'emploi a été multipliée par quatre depuis les années 1980".

Elle fait remarquer que "les contrats d'intérim sont de plus en plus courts", passant "en 30 ans d'un mois à 15 jours" avec des "situations répétées d'intérim". 

Mais il y a bien un "effet tremplin" pour les jeunes, à savoir qu'un intérimaire accèdera plus vite à un CDI qu'un chômeur, notamment chez les jeunes hommes peu qualifiés qui travaillent dans l'industrie et le BTP.

Etre intérimaire "multiplie par quatre ses chances d'occuper un CDI", dit Hélène Couprie, ce type de contrat étant utilisé comme un "signal" par l'employeur pour son choix.

dec/jah/db/DS/mml

 
4 commentaires - Le boom de l'intérim, signe de reprise ou flexibilité accrue de l'emploi ?
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    JON-DE-LIONNE -

    de la censure, encore de la censure, toujours de la censure sur le Forum Orange.
    Et bien puisque sur la rubrique Finance, un bug est là ...... moi aussi
    référence à l'article :
    LR: Wauquiez fustige le choix de Bertrand
    Statut : refusé
    Il y a une heure
    le 12 12 2017 à 13 26
    je pense que pour bien comprendre et connaître les valeurs de l'UMP, le plus simple est encore d'écouter un discours de Chirac ( facile à trouver sur internenette) et qui s'appelle du bruit et de l'odeur , ou quelque chose comme ça.

    Un fois entendu ce que disait Chirac en 91, cela permet de savoir qui aurait traverser des " lignes rouges" comme dit M, Juppé et surtout de savoir dans quel sens.

    de wikipédia :

    Le discoursLe 19 juin 1991, au cours d'un dîner-débat du RPR, Jacques Chirac prononce le discours qui contient l'expression le « bruit et l'odeur ». Voici un extrait5, portant sur l'immigration :

    « Notre problème, ce n'est pas les étrangers, c'est qu'il y a overdose. C'est peut-être vrai qu'il n'y a pas plus d'étrangers qu'avant la guerre, mais ce n'est pas les mêmes et ça fait une différence. Il est certain que d'avoir des Espagnols, des Polonais et des Portugais travaillant chez nous, ça pose moins de problèmes que d'avoir des musulmans et des Noirs […] Comment voulez-vous que le travailleur français qui habite à la Goutte-d'or où je me promenais avec Alain Juppé il y a trois ou quatre jours, qui travaille avec sa femme et qui, ensemble, gagnent environ 15 000 francs, et qui voit sur le palier à côté de son HLM, entassée, une famille avec un père de famille, trois ou quatre épouses, et une vingtaine de gosses, et qui gagne 50 000 francs de prestations sociales, sans naturellement travailler ! [applaudissements nourris] Si vous ajoutez à cela le bruit et l'odeur [rires nourris], eh bien le travailleur français sur le palier devient fou. Et il faut le comprendre, si vous y étiez, vous auriez la même réaction. Et ce n'est pas être raciste que de dire cela. Nous n'avons plus les moyens d'honorer le regroupement familial, et il faut enfin ouvrir le grand débat qui s'impose dans notre pays, qui est un vrai débat moral, pour savoir s'il est naturel que les étrangers puissent bénéficier, au même titre que les Français, d'une solidarité nationale à laquelle ils ne participent pas puisqu'ils ne paient pas d'impôt ! [...] Il faut que ceux qui nous gouvernent prennent conscience qu'il y a un problème de l'immigration, et que si l'on ne le traite pas et, les socialistes étant ce qu'ils sont, ils ne le traiteront que sous la pression de l'opinion publique, les choses empireront au profit de ceux qui sont les plus extrémistes6,7. […] [Au sujet des épiciers de proximité] La plupart de ces gens-là sont des gens qui travaillent, des braves gens ; on est bien content de les avoir. Si on n'avait pas l'épicier kabyle au coin de la rue, ouvert de 7 heures du matin à minuit, combien de fois on n'aurait rien à bouffer le soir8 ? »

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    zebra83 -

    De la poudre aux yeux !!!

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    moustache54 -

    ? la flexibilité!

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