Le Brexit aura bien lieu, mais le chemin reste long

Le Brexit aura bien lieu, mais le chemin reste long©Boursier.com

Boursier.com, publié le vendredi 13 décembre 2019 à 21h37

La large victoire de Boris Johnson aux législatives britanniques donne au Premier ministre le feu vert pour mettre en oeuvre le Brexit d'ici au 31 janvier 2020. Mais le plus dur reste à venir pour établir un accord commercial avec l'Union européenne.

Après trois ans et demi de tiraillements, frisant parfois le chaos politique, les électeurs britanniques ont donc décidé cette semaine de donner un mandat franc au Premier ministre conservateur, Boris Johnson, afin de procéder au Brexit, dans le respect des résultats du référendum de juin 2016.

Les conservateurs ont ainsi obtenu jeudi une large majorité de 364 sièges sur les 650 que compte la Chambre des communes, leur plus large victoire depuis le triomphe de Margaret Thatcher, en 1987.

Le texte sur le Brexit dès la semaine prochaine devant le parlement?

Cette victoire électorale du parti du Premier ministre Boris Johnson devrait lui donner toute latitude pour procéder d'ici au 31 janvier la sortie effective du Royaume Uni de l'Union européenne. "Nous allons quitter l'UE le 31 janvier. Il n'y a plus de 'si', ni de 'mais'", a-t-il ainsi déclaré vendredi devant ses partisans.

Le texte de l'accord négocié entre Boris Johnson et Bruxelles en octobre devrait être présenté dans le courant de la semaine prochaine, devant la nouvelle Chambre des Communes.

La livre sterling et la Bourse de Londres grimpent

Les marchés financiers ont salué vendredi les résultats du vote britannique. La livre britannique s'est envolée face au dollar, gagnant jusqu'à 2,5% en séance, avant de réduire ses gains à 1,3% vendredi soir. A La Bourse de Londres, l'indice Footsie 100 a terminé en hausse de 1,1%, tandis que les taux d'intérêts souverains se sont détendus, anticipant de mesures économiques de relance dans les mois à venir.

Une fois le Brexit réalisé le 31 janvier, une nouvelle phase s'ouvrira, qui s'annonce au moins aussi complexe que celle qui vient de s'achever, à savoir celle de la négociation d'accords commerciaux bilatéraux entre Londres et l'Union européenne et ses autres partenaires, à commencer par les Etats-Unis.

Donald Trump relance l'idée d'un grand accord commercial USA-GB

Donald Trump a d'ailleurs chaudement félicité dès vendredi matin Boris Johnson pour sa "grande victoire". Le Brexit ouvre, selon le président américain, la voie d'un "vaste accord commercial" avec Washington, qui serait "bien plus grand et plus lucratif que n'importe quel accord qui pourrait être conclu avec l'UE".

Le président américain avait pourtant affirmé, en octobre dernier, que l'accord de Brexit négocié par Boris Johnson avec Bruxelles ne permettrait pas d'accord commercial avec les Etats-Unis

Comment négocier un accord commercial avec l'UE en 11 mois?

Avec l'Union européenne, le temps presse car le calendrier du Brexit prévoit qu'un accord encadrant les futures relations entre le deux blocs soit conclu avant la fin 2020, c'est à dire 11 mois seulement après le divorce effectif, compte tenu du retard pris lors de la première phase du processus.

De nombreux experts tablent d'ores et déjà sur un report de cette date, étant donné la complexité des sujets à traiter, qui nécessite de mener des discussions secteur par secteur. Londres dispose en effet de la possibilité de demander une prolongation d'un an, voire de deux ans, mais cette demande doit impérativement être faire avant le 1er juillet prochain.

Frédéric Rollin, conseiller en stratégie d'investissement chez 'Pictet AM', estime dans une note publiée vendredi, que "compte tenu de l'ampleur des négociations à venir, des prolongations sont probables. En termes d'investissement, le résultat est positif pour le sterling, les actions anglaises, l'euro et les actions européennes. Les banques européennes devraient en bénéficier plus particulièrement", ajoute le stratégiste.

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