Le Brexit c'est "perdant-perdant", selon Pierre Moscovici

Le Brexit c'est "perdant-perdant", selon Pierre Moscovici
Pierre Moscovici ministre economie finances

Boursier.com, publié le lundi 29 janvier 2018 à 07h05

Le Commissaire européen Pierre Moscovici était l'invité du Grand Rendez-Vous d'Europe 1. Interrogé sur un éventuel retour du Royaume-Uni au sein de l'Union européenne, Pierre Moscovici s'est montré relativement dubitatif quant à cette perspective... Cette musique m'est sympathique, avoue-t-il après les appels du pied de Tony Blair, Jean-Claude Juncker et Emmanuel Macron à Davos.

Le Brexit "n'est pas une bonne chose"
Pourtant, Pierre Moscovici ne se montre guère convaincu de l'hypothèse d'un retour du Royaume-Uni au sein de l'Europe. J'ai rencontré Tony Blair à Davos. J'ai parlé avec lui. Lui milite pour un 2e référendum, un peu plus tard.

Le Commissaire européen aux affaires économiques et monétaires, à la Fiscalité et à l'Union douanière poursuit : Pour le dire comme je le pense... Franchement, le Brexit c'est perdant-perdant ! C'est très perdant pour le Royaume-Uni, mais c'est aussi perdant pour l'Europe. Perdre un état aussi important, qui est membre permanent du Conseil de sécurité, qui est un grand partenaire économique, se créer toute une série d'ennuis n'est pas une bonne chose.

"Je regrette ce vote"
Pour Pierre Moscovici la porte est ouverte, mais le Commissaire européen respecte le choix référendaire menant au Brexit. Si les Britanniques veulent changer d'avis, bien ! Cela dit, je veux marquer un peu de scepticisme là-dessus. Les Britanniques ont voté. Je regrette ce vote, même si je le respecte, ajoute Pierre Moscovici.

"On ne peut pas avoir le beurre et l'argent du beurre !"
Pour l'ancien ministre français de l'Economie et des Finances, le Royaume-Uni est sur une voie de non-retour, et cette sortie de l'Europe doit se faire dans les meilleures conditions d'intérêts partagés... Maintenant, ce que nous devons faire dans l'année qui vient, c'est négocier un accord qui nous permette d'avoir la relation la plus proche et la plus amicale avec le Royaume-Uni, car même hors de l'Union européenne, le Royaume-Uni sera évidemment un pays européen. La Grande-Bretagne est en Europe !, rappelle Pierre Moscovici : Pour cela, il faut quand même que les Britanniques acceptent qu'on ne peut pas avoir le beurre et l'argent du beurre. Etre dehors n'est pas être dedans ! Ils ne peuvent pas garder les apanages du marché intérieur et de l'union douanière.

France First !
Enfin, Pierre Moscovici -qui a aussi indiqué soutenir la volonté d'Emmanuel Macron de mener le pays au 1er rang de l'Europe- a souhaité que la France fasse valoir son attractivité et son intérêt économique, pour que, demain, les conséquences du Brexit soient aussi positives pour notre pays.

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