Le changement climatique s'invite au sommet du G20

Le changement climatique s'invite au sommet du G20
Planète terre

Boursier.com, publié le mercredi 26 juin 2019 à 21h55

A 2 jours du sommet du G20 d'Osaka, Emmanuel Macron a prévenu qu'il refuserait un communiqué final qui ne mentionnerait pas les accords de Paris. De leur côté, des centaines d'investisseurs ont réclamé au G20 des engagements en faveur du climat.

A l'approche du G20 d'Osaka, vendredi et samedi, la question du changement climatique semble devoir compliquer encore un sommet marqué par les tensions commerciales et géopolitiques. Le président français Emmanuel Macron a prévenu mercredi qu'il n'accepterait pas un communiqué final qui ne mentionnerait pas l'accord de Paris de 2015.

"Si on ne parle pas de l'accord de Paris et si, pour se mettre d'accord dans une salle à 20, on n'est pas capable de défendre l'ambition climatique, ce sera sans la France. C'est simple!", a ainsi annoncé le président français, s'exprimant devant la communauté française au début de sa visite au Japon.

"Nous ne devons pas collectivement perdre notre ambition"

"Nous n'avons pas le droit d'avoir un G20 inutile", a-t-il souligné."Ce sera sans la France parce qu'on ne peut pas chez nous être sous la pression de notre jeunesse à juste titre, faire de plus en plus sur ce sujet (...) et quand on se retrouve à 20 dire: +excusez-nous de vous demander pardon, nous avons vu que cela vous chagrinait qu'on ait les accords de Paris+ (...). Non", a ajouté M. Macron.

"Si les uns ou les autres ne veulent pas signer, qu'ils se désignent eux-mêmes, mais nous ne devons pas collectivement perdre notre ambition", a-t-il poursuivi.

Un projet de déclaration finale édulcoré ?

La déclaration ferme du président français intervient alors que le projet de déclaration finale, préparé par la présidence japonaise du G20, aurait été édulcoré sur le climat pour être acceptable par les Etats-Unis.

Selon des informations de presse, ce projet éviterait ainsi d'employer les termes de "réchauffement climatique mondial", ainsi que de "décarbonisation" de l'économie mondiale, et minimiserait la portée de l'accord de Paris par rapport aux précédents communiqués du G20.

Les analystes pensent que Tokyo entend ainsi s'attirer les faveurs de Washington, qui compte se retirer de l'accord de Paris, et qui menace le Japon de droits de douanes sur ses produits exportés vers les Etats-Unis.

+3 degrés Celsius d'ici à 2100 si rien n'est fait

Après son élection à la Maison Blanche, Donald Trump a décidé de retirer les Etats-Unis de l'accord de Paris, qui prévoit de contenir le réchauffement climatique bien en-dessous de +2 degrés Celsius, voire +1,5 degrés d'ici à 2100. Cependant, ce retrait américain ne sera effectif qu'en 2020.

Si rien n'est fait pour réduire les émissions de gaz à effet de serre, les prévisionnistes envisagent un réchauffement de 3 degrés d'ici à la fin du siècle, ce qui bouleverserait les économies et les modes de vie dans le monde.

La cause climatique et Emmanuel Macron ont reçu un soutien de taille ce mercredi, sous la forme d'une lettre ouverte d'un groupe d'investisseurs représentant la moitié de actifs sous gestion dans le monde.

La moitié de la finance mondiale exige des engagements en faveur du climat

Ils sont ainsi 477 investisseurs, qui représentent 34.000 milliards de dollars sous gestion (soit la moitié de actifs sous gestion dans le monde), à appeler le G20 a s'engager en faveur des accords de Paris. Les gérants de fonds affirment que "l'écart d'ambition préoccupe grandement les investisseurs et doit être résolu de toute urgence".

"Il est essentiel pour nos décisions en matière de planification à long terme et d'allocation d'actifs que les gouvernements travaillent en étroite collaboration avec les investisseurs pour intégrer des scénarios climatiques en cohérence avec eux", ajoutent-ils.

La lettre a été signée par les sept partenaires fondateurs de The Investor Agenda, qui regroupe des centaines d'investisseurs mobilisés pour le respect des objectifs de l'accord de Paris sur le climat de 2015. Parmi les signataires de la missive, figurent notamment Legal & General Investment Management et le fonds de pension des agents publics californiens CalPERS.

Deux poids-lourds se font encore prier

Les deux plus gros gestionnaires d'actifs au monde, BlackRock et Vanguard, n'ont en revanche pas paraphé le document. BlackRock ne participe généralement pas à ce type d'initiatives.

Quant à Vanguard, il rappelle être préoccupé par l'impact à long terme du risque climatique, mais n'a pas justifié son absence de signature.

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