Le chômage a reculé en 2018 pour la 3ème année consécutive

Le chômage a reculé en 2018 pour la 3ème année consécutive©Boursier.com

Boursier.com, publié le vendredi 25 janvier 2019 à 20h23

Même s'il n'est pas spectaculaire, le recul du chômage s'est poursuivi en 2018 pour la troisième année consécutive. Le nombre de chômeurs de catégorie A a reculé de 1,5% au 4ème trimestre sur un an, touchant 3,418 millions de personnes.

Après un troisième trimestre quelque peu décevant, le chômage est reparti à la baisse au quatrième trimestre 2018 en France, ce qui permis au nombre de chômeurs de catégorie A (personnes sans aucun emploi) de reculer en 2018 pour la troisième année consécutive.

Malgré le mouvement des "gilets jaunes", qui a perturbé l'activité économique à partir de la mi-novembre, le nombre de demandeurs d'emploi de catégorie A en France métropolitaine a ainsi nettement reculé de 1,1% (-38.200 personnes) au 4ème trimestre, selon les données publiées ce vendredi par Pôle emploi et le ministère du Travail.

Sur un an, par rapport au 4ème trimestre 2017, le chômage de catégorie A a reculé de 1,5% (-50.600 personnes). Le bilan de 2018 reste donc orienté à la baisse du chômage, ce qui marque la troisième année de baisse consécutive du nombre de demandeurs d'emploi de catégorie A.

173.000 chômeurs de moins en trois ans, une baisse de 5%

Le nombre de personnes sans emploi de catégorie A est ainsi revenu au 4ème trimestre à 3.418.600 personnes. Fin 2015, il était encore de l'ordre de 3.591.000 personnes, soit un recul d'environ 173.000 chômeurs en 3 ans (-5%).

C'est en 2016 qui s'était enfin enclenchée "l'inversion de la courbe du chômage" tant promise, avec 107.000 chômeurs de moins, après huit années de hausse. En 2017 cependant, la baisse du nombre d'inscrits dans la catégorie A avait ralenti (-0,5%, soit -15.700 personnes), avant d'accélérer donc à nouveau en 2018 (-1,5% soit -50.600 personnes).

L'activité réduite subie a continué d'augmenter sur un an

Il est cependant un peu tôt pour crier victoire, dans la mesure où le chômage pris au sens large (intégrant les personnes en activité réduite) a diminué moins vite sur l'année 2018, malgré un bon 4ème trimestre. Ainsi, le nombre de demandeurs d'emplois en France (y compris les départements-régions d'outre-mer, hors Mayotte) de catégorie A, B et C s'est établi à 5,915 millions au quatrième trimestre 2018, en baisse de 0,8% sur un trimestre (-47.800 personnes), mais de seulement 0,2% sur un an (-12.800 personnes).

La catégorie B (demandeurs exerçant une activité réduite courte), a diminué de 2,8% sur un trimestre (-21.400 personnes), mais reste en hausse de 0,4% sur un an. Et la catégorie C (activité réduite longue) est même repartie à la hausse au 4ème trimestre (+1,1% sur un trimestre, soit +15.000 personnes) et de 2,3% sur un an.

Amélioration pour les jeunes, mais le chômage de longue durée augmente...

Le chômage des jeunes, les moins de 25 ans, inscrits en catégorie A a nettement diminué: de 2,9% sur le trimestre et de 1,3% sur un an. La baisse est bien moins marquée chez les plus de 50 ans, puisqu'elle n'est que de 0,2% sur les trois derniers mois de l'année et de seulement 0,1% sur un an.

En revanche, le nombre de chômeurs de longue durée a continué de croître. Parmi les personnes inscrites dans les catégories A, B et C, la part de celles inscrites depuis un an ou plus est passée de 44,9% fin 2017 à 47,2% fin 2018. Sur un trimestre, la hausse est de 0,4% et elle atteint 5% sur un an...

Le gouvernement compte sur la réforme de la formation...

Il est à ce stade difficile de savoir si la tendance générale encourageante pour le chômage se poursuivra en 2019, alors que des nuages gris s'accumulent sur les perspectives de croissance dans le monde et en France.

Pour l'instant, le gouvernement français maintient son objectif de faire baisser le chômage à 7% d'ici la fin du quinquennat, notamment grâce à la réforme du code du travail de 2017, et celle de la formation professionnelle et de l'apprentissage votée en 2018. Cette dernière devrait permettre une meilleure adéquation entre les compétences des demandeurs d'emploi et les besoins des entreprises.

.... et sur celle de l'assurance-chômage

Enfin, les partenaires sociaux ont entamé fin 2018 des négociations difficiles pour réformer l'assurance-chômage. Les contrôles et les sanctions pour les chômeurs qui ne cherchent pas d'emploi vont être durcis. En contrepartie, Emmanuel Macron a confirmé jeudi qu'il souhaitait lutter contre le recours abusif aux contrats précaires (et notamment aux CDD de courte durée).

"Aujourd'hui il y a une négociation sur toute la réforme du chômage. On a mis la proposition bonus-malus et moi je souhaite qu'on aille au bout, branche par branche, parce que c'est vertueux", a déclaré le chef de l'Etat lors d'un débat avec des citoyens à Bourg-de-Péage (Drôme).

Le patronat, vent debout contre cette mesure qu'il estime "mortifère pour l'emploi", entend proposer des dispositifs alternatifs aux organisations syndicales le 31 janvier.

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