Le chômage n'est "pas un but à vie" pour Muriel Pénicaud

Le chômage n'est "pas un but à vie" pour Muriel Pénicaud©Boursier.com

Boursier.com, publié le mardi 22 octobre 2019 à 18h07

La ministre du Travail répond au leader de la CFDT Laurent Berger, qui juge que la réforme de l'assurance chômage "va être une tuerie" pour les demandeurs d'emploi.

La réforme de l'assurance-chômage va-t-elle être une "tuerie" pour les demandeurs d'emploi, comme l'a prédit le secrétaire général de la CFDT Laurent Berger ? A compter du 1er novembre, les salariés qui démissionnent pourront sous certaines conditions toucher une indemnisation. Mais il faudra aussi avoir travaillé plus longtemps (six mois sur les 24 denier mois, contre quatre mois sur 28 actuellement) pour y prétendre.

"Ce n'est pas un but à vie, pour personne, d'être à l'assurance chômage. C'est un filet de sécurité entre deux emplois : quand le marché est dynamique, il faut retourner à l'emploi", a répondu Muriel Pénicaud sur France Inter mardi matin.

Plus de 705.000 offres d'emploi

"Ce matin il y a 705.159 offres sur le site de Pôle emploi, disponibles tout de suite. On est dans un marché très dynamique", a poursuivi la ministre. "Vous ne trouvez pas que c'est du bon sens, qu'il faille travailler un jour sur quatre pour avoir droit à l'assurance chômage" ? s'est-elle interrogée. Selon elle, avec les six mois demandés pour toucher le chômage, la France reste "un des pays les plus généreux d'Europe" et c'est "logique d'avoir travaillé pour pouvoir y avoir droit".

Faute d'accord entre les partenaires sociaux cet été, la réforme de l'assurance chômage a été adoptée via un décret par le gouvernement. "Pour les partenaires sociaux, qui n'ont pas réussi à se mettre d'accord, c'est difficile à accepter que ce soit l'État qui fixe les règles. Mais mon but c'est l'emploi : je cherche moins d'emploi précaire et plus d'emploi durable. Je ne crois pas que ce sera ce qu'il prédit, je ne vois pas en quoi le fait de travailler six mois au lieu de quatre mois en deux ans conduirait à la pauvreté", a estimé Muriel Pénicaud.

Et le taux de chômage ?

Un taux de chômage à 7% reste l'objectif d'Emmanuel Macron d'ici la fin de son quinquennat. "Si les conditions macro-économiques mondiales et européennes n'amènent pas la récession, on peut considérer que c'est un horizon possible. On est passé de 9,6 à 8,5% de taux de chômage en deux ans, c'est un demi million d'emplois qui ont été crées, il faut continuer", a jugé Muriel Pénicaud.

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