Le coronavirus envoie le pétrole au plus bas depuis 4 mois

Le coronavirus envoie le pétrole au plus bas depuis 4 mois©Boursier.com

Boursier.com, publié le lundi 27 janvier 2020 à 19h33

Les cours du Brent sont retombés lundi sous les 60$ le baril, au plus bas depuis quatre mois. Les marchés craignent que le coronavirus de Wuhan n'enraye une croissance mondiale déjà fragile. L'or est en revanche au plus haut depuis 7 ans...

Les marchés financiers ont été secoués lundi par la crainte d'une propagation du coronavirus de Wuhan à travers le monde, ce qui pourrait mettre en danger la croissance mondiale déjà ralentie en 2019 par la guerre commerciale entre les Etats-Unis et la Chine.

Lundi, les cours du pétrole s'enfonçaient dans le rouge pour la 5e séance d'affilée. Le baril de brut léger américain (WTI) perdait en séance 2,57% à 52,80$ sur le Nymex (contrat à terme de mars), tandis que le Brent de la mer du Nord cédait 2,74% à 59,03$ (contrat à terme de mars). La semaine dernière, le WTI avait déjà plongé de 7,5% et le Brent de 6,4%.

Les deux variétés de pétrole sont désormais retombées au plus bas depuis début octobre 2019. Le Brent a notamment perdu 17% depuis son pic de début janvier à près de 70$, où il avait été propulsé par l'accord commercial signé le 15 janvier entre les Etats-Unis et la Chine.

Les Bourses en berne, l'or au plus haut depuis 7 ans

Au cours du week-end, le bilan du bilan du coronavirus s'est alourdi en Chine, avec plus de 80 morts dans le pays et plus de 2.800 personnes infectées. Les autorités chinoises ont également annoncé que la progression de l'épidémie pourrait durer et s'accélérer, accentuant les inquiétudes pour les secteurs du transport et du tourisme.

Les marchés d'actions ont aussi flanché lundi face aux risques d'un épidémie de grande envergure. A Tokyo, le Nikkei a perdu 2% lundi matin, tandis qu'en Europe, l'indice EuroStoxx 50 a chuté de 2,7% et qu'à Paris, le CAC 40 a aussi abandonné 2,68%. Les marchés chinois sont fermés au moins jusqu'à vendredi pour cause de Nouvel an lunaire, et pourraient rester clos plus longtemps en raisin du virus. L'indice Shanghai Composite avait perdu 4,5% entre le 13 et le 24 janvier.

En revanche, l'or brille en ce début d'année, confirmant son rôle de valeur-refuge face aux incertitudes géopolitiques, économiques et désormais sanitaires. L'once d'or progresse lundi de 0,4% à 1.578,15$ l'once, pour le contrat à terme de février coté sur le Comex. Le métal jaune a progressé de 3,6% depuis début 2020, après avoir gagné 19% en 2019, et pointe désormais à son plus haut niveau depuis 7 ans.

La production libyenne de pétrole s'est effondrée de 75%

Dans un marché mondial du pétrole déjà en proie à des stocks élevés et à une offre excédentaire, cette crise accentue le risque d'une faiblesse de la demande en 2020, ce qui déprime les cours du brut. A noter que la récente chute n'a pas été enrayée par la mise à l'arrêt d'une grande partie de l'appareil de production de la Libye, où la guerre civile fait rage.

Le blocage des terminaux pétroliers libyens depuis le 18 janvier a fait s'effondrer de 75% la production, passée de 1,2 million de barils par jours (environ 1,2% de la production mondiale) à seulement 320.000 barils, a indiqué la Compagnie nationale de pétrole NOC.

L'Opep pourrait prolonger son accord de réduction de production jusqu'à la fin 2020

Les membres de l'OPEP, et en particulier l'Arabie Saoudite, surveillent de près l'évolution du cours du pétrole. Pour enrayer la baisse, l'organisation serait prête à prolonger son accord sur la réduction de la production signé en décembre, jusqu'à la fin de l'année 2020, rapporte le 'Financial Times'. Cet accord court pour le moment jusqu'en mars.

Le ministre saoudien de l'Energie, le prince Abdulaziz bin Salman, a cependant tenté de se montrer rassurant, rappelant qu'un même "pessimisme extrême" s'était produit en 2003 pendant l'épidémie de SRAS. Mais finalement, celle-ci n'avait "pas entraîné une réduction significative de la demande de pétrole", a-t-il rappelé.

Pour l'instant, le coronavirus de Wuhan semble moins létal que le Sras, entraînant la mort de 3% des malades contre environ 10% pour le SRAS et environ 35% pour le MERS-CoV, un coronavirus qui sévit au Moyen-Orient transmis via les dromadaires.

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