Le Défenseur des droits alerte sur l'aggravation des inégalités pendant le confinement

Le Défenseur des droits alerte sur l'aggravation des inégalités pendant le confinement
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Boursier.com, publié le lundi 08 juin 2020 à 16h47

"Les inégalités deviennent encore plus criantes avec l'état d'urgence sanitaire", a estimé Jacques Toubon dans son rapport annuel...

Outre l'impact sanitaire et économique, le coronavirus a aussi eu des répercussions sociales... C'est du moins ce qu'affirme le Défenseur des droits dans son rapport annuel, qui a alerté sur l'aggravation des inégalités pendant le confinement, soulevant "les problèmes les plus quotidiens" que les Français ont pu rencontrer en lien avec la crise sanitaire.

Qu'il s'agisse des "refus de paiement en espèces", des "conséquences de la fermeture des bureaux de poste", de "l'accès des parents seuls avec enfants ou de personnes handicapées aux supermarchés", la crise du Covid-19 a relevé les "inégalités sociales, territoriales et culturelles", devenues "plus visibles" durant la période de confinement, a ainsi affirmé ce lundi sur 'BFMTV' Jacques Toubon, qui s'apprête à quitter l'autorité indépendante après six années à sa tête.

Le Défenseur des droits, qui espère que la crise sanitaire permettra "un meilleur accès aux droits", a reçu au total 103.000 réclamations en 2019 (soit 7,5% de plus que l'année précédente), qui concernent principalement les relations avec les services publics (plus de 60.000 réclamations, soit +10,4 % sur un an).

Assurer le service de la "cantine pour tous"

Selon le rapport, ces réclamations n'ont pas diminué durant la période de confinement. Jacques Toubon a notamment évoqué le retour à l'école des enfants après le déconfinement, qui a débuté le 11 mai dernier, sur la base du volontariat. "Nécessairement ça veut dire qu'il y aura une sélection des élèves", a-t-il expliqué sur BFMTV.

Le Défenseur des droits a également souligné dans son rapport "l'impact psycho social du confinement et sur les risques accrus d'inégalités", avec "la disparition de la restauration collective", qui est "l'un des éléments centraux du décrochage social et éducatif". Il propose alors un aménagement nécessaire "pour assurer le service de la cantine pour tous", pour des millions d'enfants dont il s'agit du "principal repas".

Limiter dans le temps l'état d'urgence sanitaire

Depuis le début de la crise du coronavirus, l'institution dit également avoir reçu 870 saisines concernant les services publics, notamment sur la fermeture des bureaux de poste, qui a compliqué le versement des aides sociales aux personnes précaires et vulnérables, ces derniers ne pouvant retirer l'argent qu'à un guichet.

Alors que l'état d'urgence sanitaire entré en vigueur sur l'ensemble du territoire le 24 mars dernier pour faire face à l'épidémie de Covid-19 a été prolongé jusqu'au 10 juillet, l'ancien ministre de la Justice de Jacques Chirac a par ailleurs rappelé dans son rapport "l'impératif de limiter dans le temps la mise en oeuvre d'un régime d'exception qui restreint l'exercice des libertés publiques".

"En effet, garantir la sécurité sanitaire du plus grand nombre ne doit pas conduire à insérer ce régime de façon pérenne dans le droit commun à l'issue du déconfinement", a-t-il ainsi estimé.

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