Le développement du coworking s'accélère en France

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Des personnes collent des post-its au cours d'une réunion à l'espace coworking "Casaco" à Malakoff le 23 septembre 2015
Des personnes collent des post-its au cours d'une réunion à l'espace coworking "Casaco" à Malakoff le 23 septembre 2015
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AFP, publié le lundi 16 avril 2018 à 12h47

Bien qu'encore marginaux comparés aux bureaux traditionnels, les espaces de travail collaboratif ou "coworking" ont bondi de 80% en deux ans en France, modifiant progressivement les modes de travail d'entreprises de toutes tailles.

La semaine dernière a démarré une consultation publique nationale en ligne - menée jusqu'au 15 juin - qui doit inspirer la mission sur le coworking confiée début février à Patrick Levy Waitz par le ministère de la Cohésion des territoires.

L'enjeu, dit le gouvernement, est de "proposer des pistes d'actions très concrètes" afin de multiplier ces espaces sur "l'ensemble des territoires", alors qu'ils voient aujourd'hui le jour dans les métropoles dynamiques.

Né dans la Silicon Valley en Californie, le coworking "marche très bien à Londres et se développe en France comme dans d'autres pays européens", dit à l'AFP Virginie Houzé, directrice des études et de la recherche chez Jones Lang LaSalle (JLL).

Après avoir surtout accueilli des travailleurs free-lance et des startup, ces espaces connectés dont la décoration branchée, ludique et conviviale joue sur le "comme à la maison" pour stimuler la créativité, attirent désormais bien plus largement.

On y trouve "des entreprises de tous les secteurs: l'industrie, les services financiers, immobiliers, la banque... l'écosystème est bien plus diversifié qu'on ne pourrait le penser", souligne Mme Houzé.

Ainsi en Ile-de-France où il ne représente encore que 3% des ventes et locations de bureaux, le coworking "affiche un dynamisme qui chahute déjà le marché des bureaux traditionnels", constatait JLL dans une étude publiée en mars. 

Cette société de conseil en immobilier tertiaire s'est penchée sur les "espaces hybrides" qui mêlent des espaces de coworking, généralement situés en rez-de-chaussée des immeubles, et des bureaux réservables à la demande par les entreprises.

"Principalement situés dans les quartiers d'affaires et dans des immeubles de bureaux traditionnels" au coeur des villes, "ces espaces mixtes sont aujourd'hui utilisés tant par des travailleurs indépendants que par des grands groupes", notait l'étude.

- La vitesse supérieure -

Leur offre comprend un "accès aux salles de réunion, des animations et une variété importante de services, payants ou non", dans des locaux dont la taille tend à croître, atteignant 4.000 m2 en moyenne, note JLL.

A Paris l'an dernier, trois espaces bien plus grands ont même vu le jour dans le "quartier central des affaires", qui désigne les 1er, 2e, 8e, 9e et une partie des 16 et 17e arrondissements.

Né en 2010 et valorisé 20 milliards de dollars, l'américain Wework qui gère 260 sites dans le monde, a ainsi ouvert un lieu de 12.000 m2 dans le 8e arrondissement et un de 7.500 m2 dans le 17e. Son concurrent Spaces, du groupe Regus, a inauguré un espace de 7.200 m2 dans le 1er arrondissement et ouvrira son 5e site en France, dans le 9eme, en juillet.

Et les sociétés qui développent ces services telles que Nextdoor, Morning Coworking, Spaces, Hub-Grade ou encore Deskeao, mais aussi des foncières traditionnelles comme Foncière des Régions ou Icade, passent à la vitesse supérieure.

Après avoir lancé sa marque Nextdoor fin 2014, Bouygues Immobilier s'est allié à AccorHotels, devenu son partenaire à 50/50 à l'été 2017, pour lancer 80 espaces de travail collaboratifs d'ici 2022, dans toute l'Europe.

De son côté Foncière des Régions vise, à l'horizon 2022, 70.000 m2 d'espaces flexibles et de lieux de coworking dont la conception "utilise les codes hôteliers", dit le groupe.

En accroissant la concurrence pour les bureaux les plus prisés, "les modes de travail émergents modifient la demande et les niveaux des loyers dans les nouveaux quartiers des villes", notait dans une étude publiée en décembre la société de conseil en immobilier d'entreprise Savills.

Pour elle "les espaces flexibles, les surfaces de coworking et les tiers-lieux pourraient, "à moyen et long terme, devenir aussi recherchés" que les bureaux neufs traditionnels.

Ces lieux pourraient représenter 10 à 20% des espaces de bureaux en France, dans 5 ans.

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