Le Dow Jones perd près de 1.200 points, panique persistante autour du coronavirus

Le Dow Jones perd près de 1.200 points, panique persistante autour du coronavirus
Wall Street a poursuivi sa dégringolade jeudi

AFP, publié le vendredi 28 février 2020 à 01h22

Wall Street a de nouveau lourdement chuté jeudi, le Dow Jones s'effondrant de près de 1.200 points, dans un marché toujours affolé par la propagation du coronavirus dans le monde.

Son indice vedette, le Dow Jones Industrial Average, a dégringolé de 4,42%, à 25.766,64 points.

Le Nasdaq, à forte coloration technologique, a plongé de 4,61%, à 8.566,48 points.

Le S&P 500, qui représente les 500 plus grandes entreprises de Wall Street, s'est lui affaissé de 4,42%, à 2.978,76 points. C'est la première fois qu'il repasse sous la barre des 3.000 points depuis octobre.

En abandonnant plus de 10% depuis le début de la semaine, la place new-yorkaise est entrée en zone de correction.

Alors que le Dow Jones avait encore atteint un record il y a deux semaines et le S&P 500 et le Nasdaq la semaine dernière, Wall Street s'achemine vers ses pires pertes hebdomadaires depuis l'automne 2008, au faîte de la crise financière mondiale.

La Bourse de New York a évolué dans le rouge toute la séance de jeudi, accentuant sa chute peu avant la clôture.

Selon Maris Ogg, de Tower Bridge Advisors, les nombreuses incertitudes qui entourent l'épidémie de pneumonie virale et son rythme de propagation à travers la planète inquiètent au plus haut point les investisseurs.

"On n'a pas encore de réponses et on ne va pas en avoir pendant un certain temps, sans doute pas d'ici deux à quatre semaines", estime l'experte.

"Plus il y aura d'infections liées au coronavirus, plus on risque de rester en zone de correction", poursuit-elle. 

- Le président et le virus -

Mercredi soir, les Centres de contrôle et de prévention des maladies américains (CDC) ont annoncé un premier cas d'"exposition inconnue" en Californie, cette personne n'ayant ni voyagé dans les zones à risque ni été en contact avec un autre malade.

Le président Donald Trump s'est pourtant voulu confiant, assurant qu'une propagation à grande échelle du nouveau coronavirus aux Etats-Unis n'était pas inévitable.

Il a imputé la chute boursière à la couverture médiatique de l'épidémie. "La presse a dépassé les bornes", a-t-il déclaré, avant de s'en prendre à ses adversaires politiques. 

Si jamais un démocrate venait à remporter l'élection présidentielle, "vous auriez un crash comme vous n'en avez jamais eu avant, et je pense que les marchés prennent aussi ça en compte", a-t-il continué.

Le nombre de cas de nouveau coronavirus dans le monde s'élevait à 82.560 au moins, dont 2.813 décès, dans 50 pays et territoires, selon un bilan établi par l'AFP jeudi à partir de sources officielles.

Les pays les plus touchés après la Chine sont la Corée du Sud, l'Italie, l'Iran et le Japon.

Le vent de panique sur le marché des actions a de nouveau provoqué un vaste mouvement vers les obligations, jugées plus sûres.

Le taux à 10 ans sur les bons du Trésor américain évoluait ainsi proche de son plus bas historique aux alentours de 21H55 GMT, s'affichant à 1,267%, tout comme le taux à 30 ans, à 1,767%.

- 3M surnage -

Dans une note diffusée jeudi, les analystes de Goldman Sachs anticipent désormais que les entreprises américaines ne connaîtront pas de croissance de leurs bénéfices en 2020 si le coronavirus continuait sa progression.

"La révision à la baisse de nos prévisions reflète le fort déclin de l'activité économique chinoise au premier trimestre, la baisse de la demande pour les exportateurs américains, la perturbation de la chaîne d'approvisionnement, le ralentissement de l'activité économique américaine et une incertitude renforcée", écrivent-ils.

Signe des mesures drastiques prises par les entreprises face au coronavirus, Facebook (-3,8%) a annoncé jeudi l'annulation de sa conférence annuelle des développeurs prévue pour début mai.

Microsoft (-7,1%) a pour sa part émis mercredi un avertissement sur résultats, indiquant qu'il ne tiendrait pas ses objectifs de vente trimestriels pour Windows et sa gamme d'ordinateurs Surface à cause des retards dans la production provoqués par le coronavirus.

Seule entreprise du Dow Jones à terminer en territoire positif, 3M, qui fabrique des masques de protection, a pris 0,8%, profitant de l'explosion de la demande. 

Les géants Apple (-6,5%), Coca Cola (-4,6%) et Boeing (-5,8%) ont en revanche tous fortement baissé.

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